Le Cameroun confirme son intention à adhérer à la Convention sur l’eau

Le Cameroun dispose de cinq bassins dont quatre sont partagés, notamment le bassin du Lac Tchad, le bassin du Niger, le Bassin des fleuves côtiers et le bassin du Congo. La coopération sur ces eaux partagées est donc indispensable pour assurer le développement économique et préserver la stabilité régionale.

De ce fait, le Cameroun participe activement à la coopération transfrontière avec les organismes de bassins (Commission du bassin du lac Tchad, Commission internationale du bassin Congo-Oubangui-Sangha, Autorité du bassin du Niger) et autres organismes régionaux (Communauté économique des Etats de l’Afrique Centrale, Union Africaine, Conseil africain des Ministres chargé de l’eau). C’est dans ce contexte que le pays a manifesté son intérêt et son intention d’accélérer son processus d’adhésion à  la Convention sur la protection et l'utilisation des cours d'eau transfrontières et des lacs internationaux (Convention sur l'eau). En effet, la Convention constitue un cadre juridique et institutionnel mondial pour une gestion durable des ressources en eaux transfrontières et dont le secrétariat est assuré par la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe (CEE-ONU). Ceci représente le principal résultat de l'atelier national sur la Convention qui s’est tenu à Yaoundé le 5-6 novembre 2019.

L'atelier national, co-organisé par le Ministère de l’Eau et de l’Energie, le Partenariat Mondial pour l’eau et la CEE-ONU, avait pour but de détailler les obligations au titre de la Convention, les avantages que le Cameroun peut tirer de son adhésion, la mise en œuvre et les éventuels défis, ainsi que les prochaines étapes dans le processus. L’atelier a rassemblé une soixantaine de participants de différents ministères, des organismes de bassin et de la société civile. L’atelier a été financé par l’Union Européenne.

Conscient de l’impact de la question de l’eau sur les différents secteurs de développement du pays, le Cameroun a inscrit très tôt la coopération sur les ressources en eau transfrontières parmi ses préoccupations majeures. Au niveau national le pays a amorcé la révision du cadre juridique du secteur de l’Eau afin d’y intégrer les eaux transfrontières et au niveau régional le pays à ratifier les chartes de l’Eau des bassins du fleuve Niger et du Lac Tchad dont les principes sont convergents avec ceux de la Convention sur l’Eau.

A cet égard, le Ministre a rappelé « Il est désormais clair que la façon dont nous gérons ces défis liés aux eaux transfrontières a une incidence significative sur la paix, sur la production énergétique et alimentaire et sur le renforcement de la résilience aux catastrophes.

Relativement à la Convention, un comité ministériel a été créé au sein du Ministère de l’Eau et de l’Energie avec toutes les parties prenantes du secteur de l’Eau. Ce comité a tenu quatre sessions axées sur l’analyse des forces/faiblesses, contraintes et opportunités de la convention qui ont débouché sur l’atelier de ce jour. Il devient opportun pour nous d’échanger sur la Convention de 1992 en vue de l’adhésion de notre pays ».

Sonja Koeppel, secrétaire de la Convention, a affirmé que : « Le Cameroun a beaucoup de bénéfices à tirer de l’adhésion à la Convention sur l’eau mais aussi beaucoup à contribuer.  J’apprécie beaucoup le processus exemplaire qu’a suivi le Cameroun dans la perspective de son adhésion éventuelle et j’espère que ce processus sera bientôt terminé. »

Monsieur Schadek, Ambassadeur de l’Union Européenne au Cameroun a rappelé que « Le processus d'adhésion du Cameroun à la convention d'Helsinki qui nous réunit aujourd'hui est salutaire, eu égard aussi aux principales conclusions du Conseil européen sur la diplomatie de l'eau. C'est la preuve, s'il en était encore besoin, de l'importance que le pays attache à cet instrument dont l'intérêt, en termes de prévention des conflits, de stabilité régionale et de paix, n'est plus à démontrer ».

La Convention sur l’eau a fourni, depuis son entrée en vigueur en 1996, un cadre important pour améliorer la gestion des eaux transfrontières tant de surface que souterraines. Elle offre, sous l’égide des Nations Unies, un cadre juridique international solide et une plate-forme institutionnelle élaborée permettant aux Parties de discuter de la coopération en matière d’eaux transfrontières et de partager les connaissances et les expériences dans de nombreux domaines liés à la gestion et la protection de l’eau. La Convention sur l’eau s’est transformée en un cadre juridique multilatéral universellement ouvert pour la coopération transfrontière en matière d’eau, ouvert à l’adhésion de tous les États membres des Nations Unies depuis le 1er mars 2016. Le Tchad et le Sénégal ont adhéré à la Convention en tant que premiers pays africains en 2018 et une vingtaine d’autres sont dans le processus.