Renforcer la compréhension et l'engagement pour la mise en œuvre des Conventions mondiales sur l'eau en Afrique francophone

En Afrique, région où 90 % de l’eau sont localisées dans 63 bassins transfrontières, la gestion de l’eau requiert une coopération internationale forte et active. Cette coopération peut apporter de multiples avantages en termes de santé humaine, d'agriculture durable, d'adaptation au changement climatique, de protection des écosystèmes, de paix et de sécurité. Les deux conventions mondiales sur l'eau, à savoir la Convention de 1992 sur la protection et l'utilisation des cours d'eau transfrontières et des lacs internationaux (Convention sur l'eau) et la Convention de 1997 sur le droit relatif aux utilisations des cours d'eau internationaux à des fins autres que la navigation (Convention sur les cours d'eau) favorisent cette coopération.

L'importance de cette coopération sur les eaux transfrontières a été soulignée au niveau régional par le Conseil des ministres africains chargés de l'eau (AMCOW) et au niveau mondial dans les Objectifs de développement durable et par le Conseil de sécurité des Nations Unies. Les conclusions du Conseil de l'Union européenne sur la diplomatie de l'eau en 2018 ont spécifiquement noté que la coopération sur les ressources en eau partagées est vitale pour assurer une paix et un développement durable et ont encouragé les pays à adhérer aux deux conventions mondiales sur l'eau.  

En outre, le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, encourage les pays à adhérer aux deux conventions et à les appliquer. Il a également demandé aux agences du système des Nations Unies de soutenir les pays dans leur processus d’adhésion et dans la mise en œuvre des deux Conventions.

Les 18 et 19 juin 2019 à Dakar, Sénégal, l'atelier intitulé « De praticien à praticien : Formation régionale sur la promotion de la mise en œuvre de deux conventions mondiales sur l'eau » a rassemblé un large éventail d’experts de pays, de commissions de bassin et plusieurs autres organisations internationales à travers l'Afrique francophone. Les principaux résultats de cette formation de deux jours ont été une compréhension commune des avantages pratiques de la mise en œuvre des conventions mondiales sur l'eau et de l'adhésion à ces conventions.

Cet atelier a été organisé par le Secrétariat de la Convention sur l'eau, avec le soutien financier de l’Union Européenne, en partenariat avec le Gouvernement du Sénégal, l'Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), le Geneva Water Hub, l'Union internationale pour la conservation de la nature et le Partenariat mondial pour l'eau (GWP).

La formation a permis aux experts de la région de partager leurs propres expériences pratiques en matière de coopération dans le domaine de l'eau afin de trouver des moyens de travailler plus efficacement et en tissant des partenariats plus étroits pour promouvoir, mettre en œuvre et adhérer aux deux conventions-cadres mondiales.

L'atelier s'appuie en outre sur la dynamique régionale liée à l’adhésion des deux premiers pays africains à la Convention sur l’eau en 2018, à savoir le Tchad et le Sénégal. Lors de la session sur la manière de promouvoir les Conventions et comment y adhérer, les deux pays ont partagé l’expérience de leur processus d’adhésion respectifs et les raisons qui ont motivé cette adhésion.

Les Conventions mondiales sur l'eau énoncent les grands principes du droit international de l'eau et offrent des cadres juridiques cruciaux qui peuvent soutenir le développement d’accords de bassin pour la gouvernance de l'eau ou renforcer ceux qui existent déjà. Prises ensemble, ces deux conventions sont totalement complémentaires et se renforcent mutuellement tant dans leur contenu que dans leur mise en œuvre pratique.

Plus de 35 participants œuvrant principalement dans le domaine de la coopération sur les eaux transfrontières ont assisté à la formation, notamment des délégués nationaux de pays tels que le Bénin, le Cameroun, le Congo, la Guinée, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, le Tchad et des représentants des délégations de l'Union européenne, des organismes des Nations Unies, la Banque Africaine de développement, des organismes de bassin, des partenaires techniques et financiers ainsi que des institutions régionales et sous régionales. La diversité des praticiens était unique. Les partenaires régionaux ont encouragé les pays à y adhérer et ont exprimé leur disponibilité à les soutenir.