L'ONU au quotidien: la Commission Economique pour l'Europe

... Un promenade à la campagne Ce que la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe (CEE-ONU) fait pour vous!
Aujourd’hui, dimanche, la famille Szabo décide d’aller prendre l’air à la campagne. Après une semaine dans les fumées de la ville, «les enfants ont besoin d’aérer leurs poumons». Il est vrai que, depuis quelque temps, ils ont moins tendance à avoir des bronchites chroniques, mais tout de même, cela ne peut pas faire de mal.

 

 

Pour atteindre cette fameuse campagne, les Szabo doivent tout d’abord passer par la nouvelle zone industrielle et le fleuve qui la traverse. Le spectacle n’est guère engageant, les usines succèdent aux entrepôts. S’il n’y avait la forêt au bout du voyage, il y aurait de quoi décourager les plus grands des amateurs de nature.

 

Dans la voiture, l’atmosphère est lourde. L’aînée, Maria, 15 ans, aurait préféré aller au cinéma avec ses copines; quant à Janos, 8 ans, cette excursion familiale le prive de son feuilleton favori à la télévision.

 

- Si c’est ça que tu appelles aller s’aérer les poumons!, dit Maria en désignant les usines.

 

 

- Et puis si ça explose, je suis certain que nos poumons ne seront pas beaux à voir, ajoute Janos.

 

 

- Pourquoi veux-tu que ça explose?, répond Monsieur Szabo excédé par le peu d’enthousiasme de ses enfants. Tout a été prévu.

- Ce ne serait pas la première fois qu’un accident écologique arriverait, murmure Maria.

- Et puis, j’en suis certain, cela tuerait tous les poissons!, dit Janos.

 

 

 

 

C’est à juste titre que les parents Szabo ont décidé d’aller «s’aérer» à la campagne. La pollution atmosphérique des villes est la cause de nombreuses infections, mais aussi de cancers et, dans certains cas, de malformations chez les enfants.

Pourtant, ils ignorent que de grands progrès ont été réalisés dans ce domaine. En moins de vingt ans, les émissions de dioxyde de soufre (SO2) générées par le chauffage ont diminué dans certains pays de plus de 30 %. Celles d'oxydes d'azote (NOx) qui proviennent en majorité des voitures ont, elles aussi, diminué. Comment?

Tout simplement grâce à des accords internationaux, signés sous l’égide de la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe (CEE-ONU), dans le cadre d’une Convention sur la lutte contre la pollution atmosphérique transfrontière. L’idée est qu’il ne suffit pas de lutter contre les émissions de polluants dans un pays, mais qu’il faut une action concertée de tous, car la pollution ne s’arrête pas aux frontières des Etats. Il faut que tous coopèrent - parfois en s’entraidant - pour vaincre ce fléau de la civilisation industrielle. La Convention, qui non seulement oblige les parties contractantes à utiliser certaines technologies moins polluantes, mesure aussi les résultats obtenus par un système de surveillance international réparti à travers l’ensemble de la région.

Mais beaucoup reste encore à faire. Ainsi la CEE-ONU s’attaque actuellement aux émissions de polluants particulièrement dangereux: les polluants organiques persistants (POPs) qui ont pour caractéristique, comme leur nom l’indique, de ne pas disparaître avec le temps, mais plutôt de se concentrer dans les aliments, poissons et légumes. Ces POPs provoquent de nombreux cas de cancers, mais aussi la diminution du nombre des spermatozoïdes chez l’homme.

Maria a tout à fait raison de dire que les usines, quelles qu’elles soient, représentent un risque écologique. Son père, par contre, a tort de dire que, parce qu’une usine se trouve de l’autre côté de la frontière, «on n’y peut rien».

Aucune usine n’est sûre à 100 %, c’est pourquoi il est important d’en mesurer les risques aussi bien durant son fonctionnement normal qu’en cas d’accident. La Convention sur l’évaluation de l’impact sur l’environnement préparée par la Commission prévoit qu’avant toute construction, les entrepreneurs sont tenus de remettre aux autorités une étude sur les impacts possibles sur l’environnement de leur future usine. Grâce à cette convention, l’étude sera mise à votre disposition, que vous habitiez dans le pays où se trouve l’usine ou dans un pays voisin. Vous aurez alors le droit de faire des commentaires qui devront être pris en compte avant la construction de l’usine.

Si, malgré tout, un accident devait survenir, les efforts de tous devraient impérativement être coordonnés. Il est impensable que, par exemple, des procédures douanières viennent perturber l’arrivée des secours ou que toutes les informations disponibles dans un pays ne soient pas mises à la disposition du pays voisin. C’est la raison qui a poussé la CEE-ONU à préparer une convention sur les accidents industriels.

Janos évoque le sort des poissons des rivières. Ce sont eux les premiers menacés en cas de pollution accidentelle, mais ils ne sont pas les seuls à courir ce risque. La survie de l’humanité dépend de ses ressources en eau. Si nous n’y prenons pas garde, des catastrophes écologiques comme celle de la mer d’Aral, en grande partie asséchée par une agriculture extensive, nous guettent. Dans un cadre national, il est relativement facile d’imposer des règles aux utilisateurs des ressources en eau, mais lorsqu’il s’agit de ressources transfrontières - rivières, lacs ou nappes phréatiques -, le problème devient beaucoup plus compliqué.

La Convention sur la protection et l’utilisation des cours d’eau et des lacs transfontières de la CEE-ONU établit des règles internationales pour éviter de telles catastrophes. Tout d’abord, un utilisateur dans un pays ne peut plus rejeter n’importe quoi dans un fleuve sous prétexte qu’il s’écoule en aval dans un autre pays. Les mots clés sont "le pollueur sera le payeur" et ceci, quel que soit son pays d’origine. De même, si un accident survient, tout un système d’alerte a été mis au point qui devrait limiter les dégâts causés à l’environnement. Mais ceci n’est pas suffisant; la Convention prévoit un réseau de surveillance qui couvre déjà la majeure partie des grands fleuves de la région.

En cas de pollution, «on ne nous dit pas tout», c’est le sentiment que Maria partage avec beaucoup d’autres personnes. Et il est vrai que par le passé, pour des raisons économiques, politiques ou sociales, la vérité sur les conséquences écologiques de certaines pratiques ou de certains accidents a été tue au grand public. Ce mutisme des autorités ou des acteurs économiques a mis en danger, parfois gravement, la santé des populations menacées. C’est une attitude inacceptable maintes fois dénoncée, en particulier par les organisations non gouvernementales. La CEE-ONU développe actuellement un instrument juridique international de façon à ce que le public ne soit jamais laissé dans l’ignorance de ce qui se passe. Tout le monde aura droit d’avoir accès aux dossiers même les plus épineux.

Comme le dit Maria, les forêts sont certes menacées par la pollution atmosphérique, mais beaucoup moins que par le passé. Et ce qui ressort des diverses études menées par les experts de la Commission, c’est que la forêt européenne, loin d’être en diminution, aurait tendance ces dernières années à s’étendre. Mais il semble que ce ne soit pas un argument suffisant pour convaincre Maria et Janos d’aller se promener en forêt au lieu d’aller au cinéma avec des amis ou de rester devant la télévision.

Mais ça, c’est une autre histoire ...

Un matin comme les autres ...

Dans un grand magasin ...

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