L'ONU au quotidien: la Commission Economique pour l'Europe

Un matin comme les autres Ce que la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe (CEE-ONU) fait pour vous!
Ce matin-là, Monsieur Mercier, au volant de sa superbe voiture, piaffe d’impatience sur une route départementale. Bien sûr, il est en retard, "avec ces changements d’heure chaque printemps", il est un peu déboussolé.

Monsieur Mercier, comme beaucoup d’entre nous, peste contre le changement d’heure. Savoir s’il permet vraiment de faire des économies est un débat d’experts dans lequel nous n’entrerons pas ici. Mais ce que Monsieur Mercier ignore, c’est qu’il y a quelques années encore, certains pays avaient adopté le système heure d’été/heure d’hiver et d’autres pas. Des employés frontaliers quittaient ainsi leur domicile à six heures du matin et arrivaient à leur bureau une demi-heure plus tard à sept heures trente. Pour certains, voir leurs enfants était devenu suivant les saisons une gageure quasi impossible. Dans ce chaos horaire, la Commission a harmonisé l’heure à travers la région. Vivre ensemble, c’est aussi vivre au même rythme.
Devant lui un camion se traîne à 60 kilomètres à l’heure. Il a le temps de l’observer.

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Trois lettres T.I.R. sur fond bleu ornent son pare-chocs arrière.

Juste un peu plus bas à gauche dans un rectangle orange se superposent les numéros 60 et 1710. Il se demande un instant ce que tout cela peut bien vouloir dire et se dit qu’il pourrait utiliser cette combinaison pour le loto de la semaine suivante.

Monsieur Mercier découvre les lettres T.I.R. à l’arrière du camion qui se traîne devant lui. Ces lettres signifient Transports Internationaux Routiers. Derrière cet acronyme se cache tout un système - en fait, une Convention - mis au point sous l’égide de la CEE-ONU. Il permet ainsi à un camion de quitter Varsovie après avoir fait visiter et plomber sa cargaison par les douanes polonaises et de n’ouvrir ses bâches qu’une fois rendu à Pampelune en Espagne. Ce camion pourra traverser toute l’Europe sans pratiquement s’arrêter aux frontières, sinon pour montrer son carnet T.I.R. sur lequel sont inscrites les caractéristiques de son chargement. Imaginez un seul instant vos départs en vacances si vous deviez attendre à chaque poste frontière que les douaniers aient vérifié les deux mille quatre cent vingt et un camions qui se trouvent devant vous sans carnet T.I.R. A raison de dix minutes par camion, il vous faudrait plus de quinze jours pour passer un poste frontière!

Monsieur Mercier se trompe, les mystérieux numéros 60 et 1710 superposés dans un rectangle orange n’ont rien à voir avec le loto, ni avec aucun autre jeu de hasard. Il s’agit de codes identifiant une matière dangereuse (1710: trichloréthylène) et son danger (60: matière toxique). Pourquoi un tel code, alors que le chauffeur connaît pertinemment ce qu’il transporte? Pour plusieurs raisons! En cas d’accident, le chauffeur n’est pas toujours en état de dire aux secours ce que contient sa citerne. D’autre part, le chauffeur peut être espagnol, la cargaison danoise et les secours allemands. Imaginez un instant que le camion se renverse ou prenne feu, le temps de faire venir un interprète et, suivant la cargaison, c’est une région toute entière qui pourrait être sinistrée. Ce code permet à toute équipe de secours d’identifier rapidement et à distance la nature et le danger de la matière transportée, et d’en déduire les mesures d’urgence à mettre en oeuvre. En cas de doute, les secours sur place pourront toujours téléphoner à un centre national qui leur indiquera comment lutter contre le sinistre. Ce code est prescrit dans l’Accord européen relatif au transport international de marchandises dangereuses par route (ADR) publié et mis à jour régulièrement par la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe (CEE-ONU).

Monsieur Mercier en est là dans ses pensées quand tout à coup apparaît sur la droite un panneau indiquant qu’il doit tourner. Ce panneau vert comporte, outre le nom d’une ville, la lettre E suivie du chiffre 21. La route s’élargit jusqu’à devenir autoroute. Monsieur Mercier accélère. D’un geste quasiment automatique, il vérifie que sa ceinture de sécurité est bien bouclée. Monsieur Mercier quitte une départementale pour emprunter une route marquée d’un panneau vert et de la lettre E suivie du chiffre 21. Ce qu’il ne sait pas, c’est que de telles routes sillonnent toute l’Europe. Elles répondent à des standards de construction conçus pour assurer sa sécurité. Ces standards ont été mis au point par la CEE-ONU qui recense chaque année l’évolution de l’immense toile d’araignée que constituent les routes E à travers toute la région. Les panneaux signalétiques, tels ceux de limitation de vitesse ou d’interdiction de dépasser, ont eux aussi été élaborés et standardisés par la CEE-ONU.
La vitesse le détend, il se sent bien dans sa nouvelle voiture. Il laisse errer son regard sur le tableau de bord puis sur le pare-brise. Une petite gravure qu’il n’avait jamais remarquée retient son attention. S’agit-il d’un défaut? Non, on dirait un sigle: un E dans un petit cercle. "Il faudra que je me renseigne", se dit Monsieur Mercier avant de fixer à nouveau son regard sur la route. Sécurité encore! Monsieur Mercier a pris soin de boucler sa ceinture, mais il ignore que la plus grande partie des composantes de sa nouvelle automobile, tout comme sa ceinture, ont été fabriquées suivant des normes élaborées par la CEE-ONU. Le petit E dans un cercle sur son pare-brise qu’il prend pour un défaut de fabrication n’est autre qu’une estampille de garantie. Le pare-brise de sa voiture ne risque pas de lui exploser au visage lors d’un accident car il a été façonné suivant les normes CEE-ONU lui garantissant une sécurité maximum. C’est le cas du châssis, des roues et de bien d’autres éléments de son véhicule. Même le siège de bébé doit être conforme aux normes CEE-ONU. Les normes antipollution appliquées par le constructeur sont, elles aussi, "made in CEE-ONU".
Scène de la vie de tous les jours, sans grande originalité et pourtant, en quelques minutes, Monsieur Mercier a eu affaire sans le savoir à de nombreuses réalisations de la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe. Ce qui est vrai pour la voiture de Monsieur Mercier, l’est aussi pour le tracteur de son voisin, la bicyclette de son fils, la moto de sa fille, le car de ramassage scolaire que prend le petit pour aller à l’école et le camion qui, il y a quelques instants encore, se trouvait devant lui. Pour tous ces véhicules existent des normes préparées par la CEE-ONU qui permettent à Monsieur Mercier comme à vous-même de circuler sur les routes en toute sécurité.

Dans les années à venir, Monsieur Mercier n’a pas fini de côtoyer les réalisations de la Commission. Tout d’abord, dans le domaine de la Convention T.I.R., un nouveau système électronique va permettre de "suivre" les camions à travers toute la région afin d’éviter que certains d’entre eux ne disparaissent corps et biens avec leur cargaison, au nez et à la barbe des douaniers et des services fiscaux. Le réseau des routes E va continuer de se développer. La CEE-ONU fait des efforts tout particuliers pour aider l’ensemble des pays de la région et, plus spécialement, ceux d’Europe de l’Est à mettre leur réseau routier, mais aussi ferré, à un même niveau de sécurité. Beaucoup reste à faire pour que les transporteurs originaires de tous les pays d’Europe aient des normes garantissant la sécurité de leurs véhicules. Un autre projet qui pourrait changer le visage de nos routes répond au nom de "transport multi-modal". Sur de longues distances, il n’est pas rationnel d’utiliser les routes déjà fort encombrées; c’est pourquoi la CEE-ONU essaie de promouvoir des systèmes de transport qui feraient alterner route-rail et voies fluviales.

Mais ça, c’est une autre histoire ...

 

Un promenade à la campagne ...

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