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Press Releases

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Inquiétude du secteur du bois et des forêts quant à la viabilité économique, les abattages illégaux et l’image du bois dans le public

Les marchés des produits forestiers sont toujours à des niveaux records

publié:03 octobre 2005

Genève, le 4 octobre 2005 - Le Comité du bois de la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe a étudié la situation actuelle du marché des produits forestiers en 2005 et les prévisions des marchés pour 2006 au vu des problèmes actuels. Le thème des discussions annuelles du Comité du bois concernait l’influence des politiques en matière de certification des forêts sur les marchés des produits forestiers dans la région de la CEE-ONU. Le texte intégral de la déclaration faisant la synthèse des travaux et des prévisions est joint, de même que les tableaux récapitulatifs des prévisions. Les points essentiels de la déclaration sont résumés ci-après.1 Voir également le communiqué de presse du Comité du bois sur le Forum de politique générale ayant pour thème : « La certification des forêts – quel rôle pour les pouvoirs publics ? » (ECE/TIM/05/P07).

Faits marquants
  • Les marchés des produits forestiers sont toujours à des niveaux records dans l’ensemble de la région de la CEE-ONU : la Communauté d’États indépendants, Europe et Amérique du Nord.

  • Les politiques de certification, qu’elles soient publiques ou émanant d’organisations professionnelles, ont des effets sur tous les secteurs des produits des marchés forestiers.

  • Les gouvernements, la société civile et le secteur industriel conjuguent de plus en plus leurs efforts pour traiter des questions telles que l’abattage illégal et le commerce illégal des produits dérivés, des politiques relatives aux achats publics, des mesures de responsabilisation des entreprises, des plans de «bâtiments écologiques» et d’une meilleure communication.

  • Suite à une concurrence internationale accrue, essentiellement extérieure à la région de la CEE-ONU, les prix du bois rond comme ceux des produits à valeur ajoutée ont baissé, ce qui a des répercussions négatives sur la viabilité économique du secteur dans son ensemble.

  • Une meilleure communication est nécessaire pour améliorer l’image du bois et des forêts aux yeux d’un public préoccupé par les problèmes de déforestation à l’extérieur de la région et par la légalité des récoltes et leur respect du développement durable.

  • Les associations professionnelles et les entreprises établissent des programmes engageant leur responsabilité en vue de préserver voire d’élargir leur implantation sur des marchés écologiquement sensibles. Elles s’efforcent de promouvoir la valeur écologique et sociale des forêts, tout en s’employant à assurer leur propre viabilité économique.

  • Avec l’entrée en vigueur du Protocole de Kyoto en 2005, l’attention s’est portée sur les multiples rôles positifs de la forêt et du bois dans le cycle du carbone. Un plus grand effort de communication est également nécessaire pour convaincre le public dans ce domaine.

  • Les tempêtes désastreuses dans les régions de la mer Baltique et les ouragans dans la région du golfe des États-Unis ont causé de vastes dégâts avec des conséquences importantes sur la production de produits de bois brut et les tendances du marché.

  • L’expansion de l’industrie chinoise des produits forestiers a des conséquences importantes pour le secteur forestier de la région de la CEE-ONU ; ainsi les prix ont chuté tout au long de la filière, compromettant la viabilité économique du secteur forestier et de la production forestière européenne.

Produits forestiers certifiés
  • 50 % des forêts en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord sont désormais certifiés comme étant gérés selon des modes assurant une exploitation durable et représentent plus de 96 % des forêts certifiées du monde.

  • La demande de produits certifiés est en augmentation en raison de la volonté de maintenir durablement l’approvisionnement manifestée par les entreprises de la filière bois ou par les acheteurs de produits du bois et de papier, en particulier les industries et les pouvoirs publics.

  • Les programmes de passation de marchés publics, qui ne cessent de se multiplier, font de plus en plus référence à une gestion durable de la forêt et les associations demandent une harmonisation des prescriptions des différentes politiques de passation des marchés publics.

  • Parmi les forêts tropicales, la proportion de forêts certifiées est considérablement plus faible (environ 1 % de l’ensemble des forêts certifiées), et il est difficile d’exporter des produits provenant de forêts tropicales non certifiées vers des marchés de la région de la CEE-ONU qui ont une conscience écologique aiguë.

  • En Russie, la certification a commencé et devrait continuer à s’étendre.

Sciages résineux
  • La consommation de sciages résineux, qui a atteint des niveaux records en 2004 dans la région de la CEE-ONU, devrait croître de 2 % environ en 2005 et 2006 en Europe et en Amérique du Nord, voire plus en Russie.

  • Pour la première fois depuis 1998, les exportations de sciages résineux d’origine russe pourraient ne pas augmenter en 2006, compte tenu du renforcement prévu de la consommation intérieure.

  • La Confédération européenne des industries du bois (CEI-Bois) a lancé le plan d’action «Feuille de route 2010» pour la reconnaissance publique des produits du bois en tant que matériau prépondérant.

  • L’Amérique du Nord est devenue pour la première fois un importateur net en 2004 et devrait le rester en 2005 et 2006.

Sciages feuillus
  • Le Comité table sur une évolution favorable des marchés des sciages feuillus pour 2005 et 2006, avec des hausses de la consommation, de la production et du commerce en Europe et en Amérique du Nord.

  • Les États-Unis prévoient d’importantes hausses des importations en 2005 ainsi qu’en 2006, probablement en provenance d’outre-mer, et tablent également sur une forte expansion des exportations en 2005 (de l’ordre de 5 %) et en 2006 (de 9 %), pour partie vers le marché européen.

  • Les prévisions optimistes pour 2006 s’expliquent notamment par les nouveaux efforts de promotion des feuillus entrepris aux États-Unis par la Hardwood Federation et en Europe par l’European Hardwood Export Council.

  • Producteurs et négociants recourent de plus en plus à des systèmes de certification pour garantir le caractère durable et légal des sources de bois. En dépit de l’évolution favorable prévue en Europe, les associations professionnelles spécialisées dans les feuillus ont appelé l’attention sur la piètre viabilité économique de ce secteur.

  • Au cours des cinq dernières années, plusieurs grandes scieries de taille industrielle spécialisées dans les sciages feuillus et subventionnées par l’État ont été construites en Europe occidentale, alors qu’un certain nombre d’entreprises plus petites ont fait faillite.

Panneaux dérivés du bois
  • Les marchés de panneaux dérivés du bois devraient continuer à progresser.

  • Les coûts de production devraient s’inscrire en hausse dans le sillage des niveaux records atteints par les cours pétroliers, qui renchérissent les coûts afférents à la production, à l’énergie, aux résines et colles et au transport.

  • Les industries en Europe et en Amérique du Nord s’attendent à une accentuation de la concurrence concernant le bois en tant que matière première, notamment les résidus de bois et le bois à petit diamètre en raison des politiques tendant à développer le secteur du bois à usage énergétique.

  • La concurrence avec les importations de contreplaqués et de meubles en bois en provenance de Chine a fortement augmenté.

Papiers, cartons et pâtes de bois
  • La consommation des papiers et cartons devrait continuer à progresser régulièrement.

  • En Europe, la production et les exportations accuseront un léger recul en 2005, en raison principalement du lock-out intervenu en Finlande, qui a interrompu la production pendant plusieurs semaines.

  • La concurrence est mondiale et acharnée, avec pour résultante des mesures de consolidation visant à conjurer le risque de surproduction et maintenir la rentabilité.

  • L’offre de fibres est un sujet de préoccupation pour l’industrie en raison de la concurrence que constitue la demande de bois en tant que source d’énergie renouvelable.

  • La certification est jugée essentielle pour préserver la bonne image de l’industrie des papiers et cartons auprès du consommateur.
Le bois matière première, y compris le bois à usage énergétique
  • Après le niveau record enregistré en 2004, les quantités enlevées de bois ronds devraient augmenter légèrement en 2005 et 2006.

  • Les dégâts provoqués par les tempêtes en Slovaquie vers la fin de 2004 puis dans la région de la mer Baltique au début de 2005 et la région du golfe du Mexique aux États-Unis influent sur ces tendances.

  • La concurrence mondiale a poussé à la baisse les prix des bois ronds sur de nombreux marchés, mais l’accroissement de la demande de bois à usage énergétique est susceptible d’exercer une influence plus favorable sur les prix.

  • La consommation de bois à usage énergétique s’accroît dans de nombreuses régions sous l’effet du niveau élevé des cours pétroliers conjugué à des politiques officielles tendant à promouvoir la réalisation des objectifs fixés en matière d’énergie renouvelable et des engagements pris au titre du Protocole de Kyoto.

*********

Déclaration sur les marchés des produits forestiers en 2005 et les perspectives pour 2006

Le Comité du bois de la Commission économique pour l’Europe a adopté
le texte officiel intégral ci-après le 30 septembre 2005


Les préoccupations exprimées par le secteur de la forêt et du bois portent sur la viabilité économique, les abattages illégaux et l’image publique du bois. Les marchés des produits forestiers sont toujours à des niveaux records.

Évolution des produits forestiers en 2005 et perspectives pour 2006

Le Comité du bois a passé en revue les principaux facteurs qui touchent actuellement les politiques et les marchés du secteur forestier: les abattages illégaux dans la région de la CEE-ONU et à l’extérieur, les menaces pour la viabilité économique des propriétaires forestiers et des industries forestières tenant à la rude concurrence mondiale, les défis et les possibilités que présente la demande croissante d’énergie à partir du bois et l’entrée en vigueur du Protocole de Kyoto. Les gouvernements, la société civile et le secteur industriel conjuguent de plus en plus leurs efforts pour traiter de ces questions, par exemple dans le cadre de la certification, des politiques relatives aux achats publics, des mesures de responsabilisation des entreprises, des plans de «bâtiments écologiques» et d’une meilleure communication.

Avec l’entrée en vigueur en 2005 du Protocole de Kyoto, l’attention s’est portée sur les multiples rôles positifs de la forêt et du bois dans le cycle du carbone et sur la façon dont ils atténuent les effets négatifs du changement climatique, en piégeant le carbone, en constituant une source d’énergie renouvelable, sans émission nette de carbone, en remplaçant les combustibles ou les matières premières non renouvelables et en contribuant à économiser l’énergie. On devrait savoir de mieux en mieux que le bois, s’il provient de forêts gérées selon des modes permettant une exploitation durable, est véritablement protecteur de l’environnement: toutefois un plus grand effort de communication est nécessaire pour convaincre le public et faire ainsi disparaître les nombreuses idées fausses qui existent aujourd’hui.

Les dispositions complexes du Protocole de Kyoto auront une influence sur tous les éléments du secteur. Les pouvoirs publics, le secteur privé et la société civile devraient analyser ensemble ces conséquences et assumer un rôle actif en mettant au point une réponse stratégique aux défis et aux possibilités qui se présentent. À court terme, la principale conséquence a été un appui politique plus important assuré au développement de l’utilisation de l’énergie à partir du bois: de nombreux pays ont fait part de l’existence d’instruments de politiques visant à soutenir l’énergie provenant du bois, adoptés comme suite au Protocole de Kyoto mais aussi du fait des inquiétudes au sujet de la sécurité et de la durabilité de l’offre d’énergie et du coût élevé des énergies non renouvelables. Dans certains pays, le prix de l’énergie provenant du bois s’est élevé et il y a des indications montrant que les volumes ont augmenté, bien que le réseau de statistiques nécessaire pour suivre l’évolution du secteur soit encore très insuffisant. Les représentants des industries forestières ont relevé avec préoccupation que les instruments de politiques visant à favoriser les sources d’énergie renouvelables créaient des distorsions sur les marchés du bois. Ils ont souligné que de nombreux secteurs de l’économie étaient influencés par les mesures d’incitation générales et que toutes les distorsions réelles ou potentielles, et non pas seulement celles qui concernent l’énergie renouvelable, devraient être prises en considération. Le Protocole de Kyoto offre une possibilité supplémentaire de promouvoir les produits de la forêt et du bois.

Les tempêtes désastreuses dans les régions de la mer Baltique en janvier 2005 et les ouragans dans la région du golfe des États-Unis en septembre 2005 ont causé de vastes dégâts dans les forêts avec des conséquences sur la production de bois rond et de résidus. La ramification se répercutant sur la production de produits de bois brut en Amérique du Nord et en Europe a ainsi modifié les tendances du marché.

Les participants ont étudié les conséquences, aussi généralisées qu’importantes, pour le secteur forestier de la région de la CEE-ONU de l’expansion de l’industrie chinoise des produits forestiers. Les industries chinoises achètent de la matière première bois et des produits primaires (grumes, sciages, papier recyclé) aux pays de la région de la CEE-ONU et à d’autres régions aussi et exportent des articles manufacturés, principalement des contreplaqués et des meubles. L’ampleur des opérations et les faibles coûts de la main-d’œuvre chinoise ont fait chuter les prix tout le long de la filière, compromettant la viabilité économique du secteur forestier et de production forestière européenne. La Chine est aujourd’hui le plus grand exportateur de contreplaqué du monde et le deuxième exportateur de meubles. En réponse à des pratiques de commerce qu’elle considère inégales, l’Union européenne a mis en place des mesures antidumping pour le contreplaqué et les États-Unis appliquent pour certains articles de mobilier chinois des droits de douane punitifs. Au sommet bilatéral entre l’Union européenne et la Chine en septembre 2005, les chefs des deux parties se sont engagés à travailler ensemble afin de résoudre le problème d’abattage illégal du bois dans la région asiatique. Parallèlement, certaines entreprises d’Amérique du Nord et d’Europe délocalisent vers la Chine les activités de travail du bois en maintenant sur place leurs opérations de commercialisation.

Produits forestiers certifiés. Les politiques de certification ont une action sur tous les secteurs des marchés des produits forestiers dans la région de la CEE-ONU. Environ 50 % des forêts en Europe et en Amérique du Nord sont désormais certifiés comme étant gérés selon des modes assurant une exploitation durable, d’après des programmes de certification indépendants et internationalement reconnus. Les forêts certifiées d’Amérique du Nord et d’Europe représentent plus de 96 % des forêts certifiées du monde. La demande de produits forestiers certifiés est en constante augmentation en raison de la volonté de maintenir durablement l’approvisionnement manifestée par les entreprises de toute la filière bois ou par les acheteurs de produits du bois et de papier, en particulier les industries et les pouvoirs publics. Parmi les forêts tropicales, la proportion de forêts certifiées est considérablement plus faible (environ 1 % de l’ensemble des forêts certifiées). Il est difficile aujourd’hui d’exporter des produits provenant de forêts tropicales non certifiées vers des marchés de la région de la CEE-ONU qui ont une conscience écologique aiguë, par exemple les Pays-Bas et le Royaume-Uni. À l’inverse, les bois tropicaux provenant de forêts certifiées de certains pays tropicaux, comme la Malaisie, trouvent de meilleurs débouchés et connaissent une forte croissance de leur marché. De nombreux pays tropicaux sont dans l’impossibilité d’obtenir une certification à brève échéance et plaident pour une démarche par étapes vers une gestion des forêts selon des modes permettant d’obtenir la certification, afin de maintenir un accès aux marchés pendant l’indispensable période de transition et de conserver le volume de recettes nécessaire pour couvrir les coûts des transformations à opérer pour obtenir la certification. En Russie, la certification a commencé et, d’après les prévisions, devrait continuer à s’étendre. La grande majorité de propriétaires de forêt en Europe et en Amérique du Nord n’a pas reçu à l’heure actuelle de primes sur les ventes du bois certifié.

Responsabilité des entreprises. Face aux préoccupations suscitées par l’abattage illégal et d’autres problèmes, les entreprises concernées établissent, d’elles-mêmes ou par l’intermédiaire de leurs associations professionnelles, des programmes engageant leur responsabilité en vue de préserver voire d’élargir leur implantation sur des marchés écologiquement sensibles. Bon nombre d’entreprises spécialisées dans les produits forestiers s’efforcent de promouvoir la valeur écologique et sociale des forêts, tout en s’employant à assurer leur propre viabilité économique. L’objectif est de réduire au minimum le risque d’un approvisionnement sujet à controverse, en se procurant du bois produit de manière viable, ou du moins légale. Certaines entreprises bénéficient d’une conjoncture favorable du fait des politiques d’achat des collectivités locales et des administrations nationales prescrivant des approvisionnements en bois auprès de sources viables et légales. D’après les associations professionnelles, les programmes de passation de marchés publics, qui ne cessent de se multiplier, sont assortis de critères très variables, faisant parfois état uniquement de tel ou tel système de certification: il devient donc de plus en plus difficile et coûteux de satisfaire aux exigences des acheteurs publics. Les associations demandent une harmonisation des prescriptions des différentes politiques de passation des marchés publics. Les procédures d’achat des secteurs public et privé devraient être mieux connues et signalées.

Situation économique globale

Au niveau mondial, l’activité économique devrait rester soutenue, même si le rythme de croissance risque de fléchir légèrement, passant à 3,8 % en 2004 à 3 % environ en 2005 et 2006. Les marchés les plus dynamiques ont été la Chine et les États-Unis, mais une forte croissance a également été enregistrée en Europe centrale et orientale, en Europe du Sud-Est et dans la CEI. La zone euro a toutefois affiché une croissance relativement modeste (inférieure à 2 % en 2004) et un ralentissement (à 1,2 % environ) est attendu pour 2005. La flambée des prix du pétrole pèse sur l’activité économique mondiale. Les prix des logements connaissent depuis quelques années une hausse sans précédent dans certains pays, surtout aux États-Unis. Divers facteurs risquent d’entraîner une dégradation des perspectives à court terme, notamment une nouvelle augmentation substantielle des prix du pétrole, l’aggravation des déséquilibres des paiements extérieurs à l’échelle mondiale (certains pays ont exprimé leur inquiétude relative principalement à l’important déficit courant des États-Unis), un net relèvement des taux d’intérêt à long terme et une brutale inversion de tendance dans les prix de l’immobilier.

Évolution par secteur du marché

Le bois matière première, y compris le bois à usage énergétique. Après le niveau record enregistré en 2004, les quantités enlevées de bois ronds devraient augmenter légèrement en 2005 avant d’enregistrer une nouvelle croissance modeste en 2006. Les dégâts provoqués par les tempêtes en Slovaquie vers la fin de 2004 (7 millions de m3 affectés) puis dans la région de la mer Baltique au début de 2005 (85 millions de m3 affectés, dont 75 millions de m3 en Suède - principalement d’épicéa) influent sur ces tendances. En Suède, près de la moitié des quantités de bois abattu par le vent ont été récoltées, mais beaucoup demeure sur les bords des routes ou est stocké et les travaux devraient s’achever d’ici au premier semestre 2006. Les abattages ont augmenté dans la zone touchée du sud de la Suède mais diminué ailleurs. Les exportations d’épicéa ont progressé et les importations régressé. Les conditions de marché antérieures à la tempête devraient être restaurées d’ici à 2007 2008. Les ouragans qui ont ravagé la région du golfe du Mexique aux États-Unis à la fin de 2005 devraient également aboutir à la mise sur le marché de grandes quantités de bois ronds, tout en suscitant une énorme demande liée à la réparation ou à la reconstruction de maisons. La concurrence mondiale a poussé à la baisse les prix des bois ronds sur de nombreux marchés, mais l’accroissement de la demande de bois à usage énergétique est susceptible d’exercer une influence plus favorable sur les prix. Selon certaines indications, la consommation de bois à usage énergétique s’accroît dans de nombreuses régions sous l’effet du niveau élevé des cours pétroliers conjugué à des politiques officielles tendant à promouvoir la réalisation des objectifs fixés en matière d’énergie renouvelable et des engagements pris au titre du Protocole de Kyoto.

Sciages résineux. La consommation de sciages résineux, qui a atteint des niveaux records en 2004 dans la région de la CEE-ONU, devrait croître de 2 % environ en 2005 et 2006 en Europe et en Amérique du Nord, voire plus en Russie. La production et le commerce devraient également connaître une croissance record dans toutes les sous-régions en 2005, même si, en Europe et en Amérique du Nord, l’on s’attend pour 2006 à une légère baisse des exportations. Pour la première fois depuis 1998, les exportations de sciages résineux d’origine russe pourraient ne pas augmenter en 2006, compte tenu du renforcement prévu de la consommation intérieure. Les exportations de la Russie vers l’important marché du Royaume-Uni ont diminué en raison de l’absence de certification de gestion durable des forêts, même si d’autres marchés européens écologiquement sensibles ont été conservés. Afin de parvenir à une meilleure coopération entre les industries du bois, la Confédération européenne des industries du bois (CEI-Bois) a lancé le plan d’action «Feuille de route 2010» pour la reconnaissance publique des produits du bois en tant que matériau prépondérant. Les tempêtes survenues en janvier 2005 dans la région de la mer Baltique ont entraîné une offre excédentaire de bois ronds, principalement en Suède, ce qui, d’après les estimations, va augmenter la production sciée en Suède de 6 % en 2005, soit un million de m3. Après avoir longtemps exporté plus de sciages résineux qu’elle n’en importait, l’Amérique du Nord est devenue pour la première fois un importateur net en 2004 et devrait le rester en 2005 et 2006, en dépit de hausses de la production tant au Canada qu’aux États-Unis. Les ouragans qui ont frappé la région du golfe en septembre 2005 ont détruit près de 400 000 maisons (à structure de bois) et en ont endommagé un nombre similaire, ce qui devrait susciter une demande supplémentaire de sciages et d’autres produits dérivés du bois pour les reconstruire et les remettre en état.

Sciages feuillus. Le Comité table sur une évolution favorable des marchés des sciages feuillus pour 2005 et 2006, avec des hausses de la consommation, de la production et du commerce en Europe et en Amérique du Nord. La demande de produits de ce type devrait augmenter de 5 % en Europe et de 4 % en Amérique du Nord en 2005, et dans une moindre mesure en 2006. Les exportations européennes pourraient continuer de diminuer en 2005 et s’accroître légèrement en 2006, tandis que les importations recommenceraient à progresser après avoir reculé pendant quatre ans. Les États-Unis prévoient d’importantes hausses des importations en 2005 ainsi qu’en 2006, probablement en provenance d’outre mer, et tablent également sur une forte expansion des exportations en 2005 (de l’ordre de 5 %) et en 2006 (de 9 %), pour partie vers le marché européen. Les livraisons destinées aux pays riverains du Pacifique devraient fléchir après avoir atteint des niveaux records en 2004.

Les prévisions optimistes pour 2006 s’expliquent notamment par les nouveaux efforts de promotion des feuillus entrepris aux États-Unis par la Hardwood Federation et en Europe par l’European Hardwood Export Council. Producteurs et négociants recourent de plus en plus à des systèmes de certification pour garantir le caractère durable et légal des sources de bois. En dépit de l’évolution favorable prévue en Europe, les associations professionnelles spécialisées dans les feuillus ont appelé l’attention sur la piètre viabilité économique de ce secteur. Les prix des sciages de hêtre se sont effondrés en Allemagne, chutant de 60 % au cours des sept dernières années. La chute a été encore plus brutale, de l’ordre de 87 %, dans le cas des grumes de hêtre, leur prix s’établissant à 52 euros par m3 en 2004. Cela étant, plusieurs grandes scieries de taille industrielle spécialisées dans les sciages feuillus ont été construites en Europe occidentale, alors qu’un certain nombre d’entreprises plus petites ont fait faillite. Les producteurs de sciages feuillus, tant en Amérique du Nord qu’en Europe, perdent des marchés au niveau intérieur dans le secteur de la production de meubles à mesure que les capacités de production destinées aux entreprises consommatrices de bois scié se déplacent vers l’Europe orientale, la CEI et l’Asie.

Panneaux dérivés du bois. La consommation de panneaux dérivés du bois (contreplaqués, panneaux de particule, panneaux structuraux orientés (OSB) et panneaux de fibres) a atteint un nouveau record en Europe en 2004 avec 59,2 millions de m3. Les prévisions du Comité confirment la poursuite de cette tendance. En 2005, la consommation augmentera de 2,7 % pour atteindre 60,8 millions de m3, puis légèrement en 2006, la vigoureuse croissance des panneaux de fibres de densité moyenne (MDF) et des OSB se poursuivant. Les coûts de production devraient toutefois s’inscrire en hausse dans le sillage des niveaux records atteints par les cours pétroliers, qui renchérissent les coûts afférents à la production, à l’énergie, aux résines et colles et au transport. Les industries en Europe et en Amérique du Nord s’attendent à une accentuation de la concurrence concernant le bois en tant que matière première, notamment les résidus de bois et le bois à petit diamètre en raison des politiques tendant à développer le secteur du bois à usage énergétique. L’accroissement de la consommation de panneaux devrait être plus vigoureux dans les pays de la CEI qu’en Europe, avec 6,3 % en 2005 et 2006 pour atteindre 10,2 millions de m3 en 2006. Les exportations de contreplaqués en provenance de Fédération de Russie, dont le volume est supérieur à la consommation intérieure, augmenteront encore en 2005, de 4,3 %, pour atteindre 1,5 million de m3. En Amérique du Nord, la consommation globale de panneaux devrait, selon les prévisions, augmenter faiblement en 2005 pour atteindre 69,7 millions de m3, puis progresser de 1,6 % en 2006. La demande d’OSB reste vigoureuse. Les importations de contreplaqués et de meubles en bois en provenance de Chine ont fortement augmenté.

Papiers, cartons et pâtes de bois. La consommation des papiers et cartons devrait continuer à progresser régulièrement dans toutes les régions du monde en 2005 et en 2006, avec des taux de croissance de 1-2 % en 2005 en Europe et en Amérique du Nord et d’environ 3 % en Russie. En Europe, la production et les exportations accuseront un léger recul en 2005, en raison principalement du lock-out intervenu en Finlande, qui a interrompu la production pendant plusieurs semaines. La concurrence est mondiale et acharnée, avec pour résultante des mesures de consolidation visant à conjurer le risque de surproduction. La rentabilité est en général assez faible et fortement conditionnée par les fluctuations de taux de change. L’offre de fibres est un sujet de préoccupation pour l’industrie en raison de la concurrence que constitue la demande de bois en tant que source d’énergie renouvelable. La certification est jugée essentielle pour préserver la bonne image de l’industrie des papiers et cartons auprès du consommateur.

Tableaux

1. Europe: Tableau récapitulatif des prévisions du marché pour 2005 et 2006
2. Amérique du Nord: Tableau récapitulatif des prévisions du marché pour 2005 et 2006
3. Fédération de Russie: Tableau récapitulatif des prévisions du marché pour 2005 et 2006

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1 Des informations complémentaires sur le Comité du bois et la Commission forestière européenne de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture) sont disponibles sur leur site Internet :

  Pour de plus amples informations, veuillez prendre contact avec:

Mr. Ed Pepke

Section du bois de la CEE-ONU/FAO
Division du développement du commerce et du bois
Commission économique des Nations Unies pour l’Europe
Palais des Nations
CH - 1211 Genève 10, Suisse

Téléphone: +41 (0) 22 917 2872
Télécopie: +41 (0) 22 917 0041
E-mail: info.timber@unece.org
Site Web: http://www.unece.org/trade/timber

Ref: ECE/TIM/05/N01


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CH-1211 Geneva 10, Switzerland

Tel.: +41 (0) 22 917 44 44

Fax: +41 (0) 22 917 05 05


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