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Prévisions pour l'année 2005 - une croissance continue en Europe et dans les pays de la CEI mais à un rythme différent

La CEE-ONU publie son Étude sur la situation économique de l’Europe 2005, no 1

publié: 18 février 2005

Genève,
D'après les prévisions à court terme pour l'Europe et la Communauté d’États indépendants (CEI), la croissance économique devrait se poursuivre en 2005 avec toutefois des différences significatives suivant les sous-régions. La zone euro devrait continuer à prendre du retard par rapport aux autres principales régions de l'économie mondiale. À l'intérieur de l’Europe, l'Europe centrale et de l’Est devraient continuer à avoir des performances économiques significativement meilleures comparées à celles de la zone euro. La croissance économique devrait ralentir quelque peu dans la région de la CEI mais le taux de croissance devrait y rester substantiellement plus élevé que la moyenne européenne.

Un contexte global favorable en 2005
Le contexte économique international devrait rester favorable à la croissance européenne et à celle des pays de la CEI en 2005. Le taux moyen de croissance de l'économie globale devrait atteindre les 4,25 % en 2005, un taux légèrement inférieur à celui de 5 % de 2004 qui était le taux de croissance le plus rapide des trois dernières décennies. Le commerce mondial des marchandises augmentera en volume de 8 % en 2005, ce qui représente certes une très forte croissance mais légèrement inférieure à celle de 2004 qui était de 10,5 %.

Les États-Unis et la Chine resteront les principaux moteurs de la croissance économique mondiale. Une croissance très élevée devrait également se poursuivre dans les marchés émergeants de l’Asie et d'Amérique latine.

Aux États-Unis, le PNB en termes réels devrait croître de quelque 3,5 % en 2005, légèrement en retrait par rapport au taux de 4,4 % de 2004 (voir tableau 1). La croissance économique sera soutenue comme par le passé par une demande interne quoique légèrement plus faible. Les exportations devraient être stimulées par la dépréciation du dollar et par une très forte demande dans les principaux marchés d’exportation des États-Unis en Asie et en Amérique. La Réserve fédérale devrait continuer à augmenter graduellement les taux d'intérêt à court terme de façon à conduire une politique monétaire le plus neutre possible durant l'année 2005. Mais la politique monétaire devrait rester très flexible au cours de 2005. La politique fiscale, quant à elle, devrait être légèrement restrictive durant la même année.

Relance économique modeste dans la zone euro
Pour la zone euro, le PNB en termes réels devrait croître en moyenne de 1,8 % en 2005 (voir tableau 1). Une croissance positive dans le reste du monde devrait contribuer à soutenir les exportations qui resteront le principal moteur de la croissance. Ce taux de croissance économique modéré sera associé à une très faible hausse de l'emploi. Le taux moyen de chômage dans la zone euro sera de 8,9 % en 2005, inchangé par rapport à l'année précédente. L'inflation devrait légèrement diminuer et se maintenir sous le niveau de 2 % accepté par la Banque centrale européenne.

La politique fiscale devrait rester neutre dans ses grandes lignes (peut-être même légèrement restrictive) à la fois dans la zone euro et en Europe de l’Ouest dans son ensemble. Au vu de la fragilité des facteurs de croissance internes et des effets négatifs d'un euro fort sur la demande domestique et en tenant compte de l'inflation, la politique monétaire de la zone euro devrait rester du domaine du « wait and see ». La Banque centrale européenne devrait laisser ses taux d'intérêt inchangés en 2005, mais il existe des possibilités que ces taux soient diminués si la croissance ralentissait, ceci dans la mesure où un euro fort diminuerait les effets de l'inflation importée.

Pour l’Europe de l’Ouest dans son ensemble, le taux annuel de croissance économique devrait être de 2,25 % reflétant ainsi une croissance plus énergique des pays en dehors de la zone euro. Parmi les quatre plus importantes économies d'Europe de l'Ouest, ce taux se situera significativement en dessous de 2 % en Allemagne et en Italie. L'activité économique devrait être plus forte en France et au Royaume-Uni avec un taux de croissance du PNB en termes réels de près de 2 % et de 2,5 % respectivement.

Le taux de croissance moyen dans l’Union européenne dans son ensemble (UE-25) serait de 2,2 % en 2005. Ce chiffre masque une forte croissance dans les dix nouveaux États membres de l'Union.

Croissance soutenue en Europe centrale et dans les pays de la Baltique
La croissance économique devrait rester très forte en Europe centrale et dans les pays de la Baltique (UE-8). Bien que la croissance du PNB ait tendance à ralentir, les indicateurs de comportement économique tendraient à suggérer des perspectives à court terme très favorables. En 2005, le taux de croissance de ces pays pourrait ralentir en comparaison avec celui enregistré en 2004. Mais avec une croissance de 4,25 %, ce taux restera considérablement supérieur à la moyenne des pays d'Europe de l'Ouest (tableau 1). L'importance des projets financés par des investissements étrangers devrait permettre d'accélérer le processus de restructuration en cours et de donner une impulsion aux exportations. Une consolidation fiscale est envisagée dans certains de ces pays en 2005 mais ses effets sur la demande domestique devraient rester marginaux.

… et dans l’Europe du Sud-Est
La plupart des pays d'Europe du Sud-Est devraient maintenir un taux de croissance élevé en 2005 mais il est peu probable que les taux très élevés obtenus par certains pays en 2004 soient atteints cette année. Dans son ensemble, la demande domestique devrait rester forte et fournir un soutien solide à l'activité économique de ces pays. L'amélioration du système des intermédiaires financiers et une expansion rapide des crédits devraient alimenter la croissance de la demande et de la production. Dans tous les cas, le PNB en termes réels devrait croître de plus de 5 % en 2005 (voir tableau 2). Si la Turquie devait être exclue de cet agrégat régional, alors la croissance annuelle devrait être légèrement inférieure. Toutefois, étant donné l'ampleur des restructurations des entreprises dans de nombreux pays de la région, la croissance de l'emploi devrait rester faible.

La Communauté d’États indépendants maintient une croissance dynamique
L'activité économique dans les pays de la Communauté d’États indépendants pourrait se ralentir en 2005, toutefois le PNB agrégé devrait malgré tout croître de quelque 6,5 % (voir tableau 2). Un ralentissement du taux de croissance économique devrait prévaloir dans la plupart des grands pays de la région comme le Bélarus, le Kazakhstan, la Fédération de Russie et l'Ukraine, ceci étant dû à l'évolution de facteurs externes tels que les prix des matières premières et la demande des principaux marchés mondiaux. La demande domestique dans les pays de la CEI devrait rester forte mais ses effets sur l'activité économique interne dépendront en grande partie de la façon dont l'offre locale y répondra. Pour les grandes économies de la région, les politiques macro-économiques devraient, dans les grandes lignes, rester neutres, avec la possible exception de l'Ukraine où des mesures de restriction fiscale peuvent être espérées. Alors qu’il pourrait y avoir des améliorations à court terme sur le marché du travail, de nombreuses économies de la région devront toutefois faire face aux défis de la restructuration dans la mesure où les ajustements de l'emploi n'ont pas suivi ceux de la production.

Les risques qui dominent…
Les prévisions économiques globales restent dans le court terme relativement favorables. Mais un certain nombre de risques pourraient avoir un impact négatif sur la croissance.

  • Des incertitudes majeures demeurent quant aux développements du marché du pétrole. Les prix du pétrole pourraient être sujets à des pressions dues à de possibles ou réelles perturbations de l’offre.
  • Le fait que l’économie globale continue à dépendre pour l'essentiel des États-Unis comme moteur de la croissance rend de façon évidente la croissance tributaire du moindre des ralentissements de l'économie américaine. Ceci est d'autant plus vrai du fait que les corrections nécessaires à un redressement des déséquilibres fiscaux et de la balance des paiements, qui se sont développés aux États-Unis, ne seront pas possibles sans un ralentissement plus ou moins prononcé de la demande et de la production domestique.
  • L’immense déficit de la balance des paiements des États-Unis qui fait peser un risque sur la croissance économique globale depuis plusieurs années pourrait susciter d'importants et de soudains changements dans la direction des flux de capitaux internationaux, ce qui aurait un effet adverse sur l'activité économique. Un renversement progressif de ce déficit est l'un des défis majeurs des autorités politiques à la fois aux États-Unis et dans les autres économies les plus importantes.
  • Un autre risque de baisse est lié à l'incertitude qui entoure le dynamisme de la consommation des ménages aux États-Unis étant donné le faible taux d'épargne enregistré en 2004 et le fait aussi que l’effet d'enrichissement lié à l'accroissement des prix de l'immobilier risque de disparaître en 2005. À ceci s'ajoutent les incertitudes liées au marché du travail.
  • Les taux d'intérêt au niveau international sont restés très bas, de façon totalement inhabituelle durant cette période de relance économique reflétant ainsi la persistance d’une faible inflation, une offre limitée des obligations d'entreprises (ceci à son tour reflétant une consolidation des comptes de ces mêmes entreprises) et l'achat massif de bons du trésor américain par les banques centrales asiatiques. Une augmentation plus forte que prévu des taux d'intérêt à long terme pourrait diminuer les effets positifs de ces facteurs et aussi générer sur les marchés financiers des inquiétudes à propos des déficits fiscaux avec des conséquences possibles sur la croissance économique.
  • Les autres risques qui pèsent sur ces prévisions incluent un possible « hard landing » de l'économie chinoise qui est devenue une source importante de la demande de biens et services produits dans le reste de l'Asie et dans d'autres régions du monde.

La zone euro demeure vulnérable aux chocs externes
Dans la zone euro, étant donné la forte dépendance vis-à-vis de la croissance des exportations, la relance économique demeure très vulnérable à un affaiblissement de la croissance globale. Si l'euro devait continuer à s'apprécier, cela pourrait compromettre les perspectives de croissance et même arrêter totalement cette croissance en 2005.

Il existe aussi des risques positifs. Ainsi les investissements pourraient répondre d’une façon beaucoup plus favorable qu'anticipé aux conditions des marchés financiers et aux perspectives de profit. Mais la probabilité d’un tel effet demeure limitée si l’on considère les perspectives de croissance économique relativement modérées.

Les prix très élevés de l'immobilier sont un souci très présent
Dans certains pays d'Europe de l'Ouest tels que l’Espagne, la France, l'Irlande et le Royaume-Uni, un renversement soudain de la tendance des prix de l'immobilier avec ses conséquences négatives sur la richesse et sur la consommation des ménages pourrait remettre en question la croissance économique.

Europe centrale et de l'Est : les déséquilibres internes et externes risquent de poser des problèmes
Les principaux risques en Europe centrale et de l'Est incluent une possible décélération brutale de la croissance économique dans les principaux pays d'Europe de l'Ouest et des prix de l'énergie beaucoup plus élevés que prévu. De plus, si l'inflation importée continue de croître, cela pourrait mener à des politiques plus restrictives avec des implications négatives sur l'activité économique.

Un grand nombre d'économies de la région doivent encore faire face à d'importants défis macro-économiques tels que des déficits fiscaux et de la balance des paiements. Le fait que des élections soient sur le point d'avoir lieu dans ces pays risque de pousser à une augmentation des dépenses publiques qui remettrait en cause la crédibilité des politiques économiques et résulterait probablement en des restrictions monétaires, une diminution de l'arrivée de capitaux étrangers et une baisse de compétitivité. Les défis les plus pressants auxquels ont à faire face les nouveaux pays membres de l’Union européenne sont de mettre en place des politiques fiscales durables et de mettre en oeuvre des réformes structurelles propres à générer la croissance de l'emploi.

Communauté d’États indépendants : vulnérabilité due à la forte dépendance vis-à-vis des exportations de matières premières
Les prévisions à court terme pour les pays de la Communauté d’États indépendants sont fortement influencées par les développements sur le marché du pétrole et des autres matières premières. D'après les prévisions actuelles, les prix des matières premières devraient rester à un niveau élevé en 2005. Mais toute diminution brutale de ces prix aurait des effets immédiats sur les exportations et sur la croissance économique dans son ensemble. Les principales faiblesses structurelles des pays de la CEI sont leur forte dépendance vis-à-vis des exportations de matières premières ainsi que des produits à faible valeur ajoutée, impliquant ainsi un fort degré de vulnérabilité vis-à-vis des chocs externes.

De plus, il y a d’ores et déjà des signes, particulièrement dans la Fédération de Russie, que la perte de compétitivité associée à une appréciation du taux de change réel (la « maladie hollandaise ») est devenue une charge pour les producteurs locaux et pourrait étouffer l'activité économique domestique. Dans ce cadre, des politiques macro-économiques n'ont que peu d'effets, à moins que les producteurs locaux ne parviennent à les contrer au niveau micro-économique en poursuivant les restructurations. Si tel n'était pas le cas, il pourrait y avoir des répercussions négatives sur la croissance de la production, particulièrement celle des industries manufacturières. Les perspectives de croissance à long terme dans les pays de la CEI reposent sur leur capacité à diversifier leurs économies en mettant en oeuvre des réformes dans le domaine de la production et des marchés financiers.


Malgré des perspectives de croissance relativement favorables à court terme pour l'Europe et les pays de la CEI, un certain nombre de problèmes importants doivent être pris en compte par les politiques économiques de façon à mettre en place une croissance robuste et durable à moyen et long terme (voir communiqué de presse ECE/GEN/05/P05).

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Réf: ECE/GEN/05/P04


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