Press Releases

For media enquiries, please contact info.ece@unece.org


Encore fragiles, les économies de l'Europe orientale et de la CEI risquent de subir de plein fouet les contrecoups d'un ralentissement des économies européenne et mondiale

publié: 10 mai 2001

"Pour la première fois depuis le début de leur transformation économique et politique, les économies anciennement planifiées d'Europe orientale et de l'ex-Union soviétique étaient toutes en phase de croissance en 2000; leur PIB total a augmenté de 6 %, soit à un rythme nettement plus élevé que celui de l'économie mondiale dans son ensemble", a fait remarquer Mme Danuta Hübner, Secrétaire exécutive de la Commission économique des Nations Unies pour l'Europe (CEE-ONU), qui présentait le dernier numéro de l'Étude sur la situation économique de l'Europe que la CEE-ONU vient de faire paraître. Et Mme Hübner d'ajouter : "Toutefois, les perspectives de croissance économique dans les économies en transition dépendent des résultats des économies nord-américaine et européenne. Selon les prévisions officielles antérieures, pour 2001, les économies de l'Europe orientale, États baltes compris, et celles de la Russie et des autres membres de la CEI devaient connaître une croissance de l'ordre de 4 %. Mais si la tendance au ralentissement en Europe et au plan mondial s'accentue, la croissance de ces économies fragiles risque d'être bien inférieure à ces prévisions".

2000, année exceptionnelle

Le très fort taux de croissance économique enregistré en 2000 s'explique dans une large mesure par la vigueur imprévue de la reprise en Russie, où le PIB a augmenté de 7,7 %, ce qui représente le plus fort taux de croissance en plus de 30 années. Après des résultats médiocres en 1999, la reprise de la production a été forte également en Europe orientale et dans les États baltes, où le PIB total a augmenté de 3,9 % et 4,8 %, respectivement.

Ces chiffres donnent à penser qu'après 10 années de douloureuses réformes, la longue et profonde récession liée à la transformation de ces économies est pour l'essentiel en bout de course. N'ayant pas vécu de la même manière la traversée de cette phase difficile et n'ayant pas approfondi et élargi pareillement le processus de réforme, les pays de la région constituent aujourd'hui un ensemble plus hétérogène qu'il y a 10 ans. La plupart des pays d'Europe centrale et les États baltes ont déjà considérablement progressé dans la mise en place d'une économie de marché opérationnelle et connaissent depuis plusieurs années une forte croissance économique. Mais, dans un certain nombre d'autres pays, la phase de récession liée à la transformation et à l'introduction de réformes fondamentales s'est révélée bien plus longue et ardue que prévue : pour certaines économies de la CEI, 2000 était la première année de croissance en une décennie, tandis qu'en Yougoslavie, les véritables réformes axées sur le marché commencent seulement à être possibles, une fois le pays doté d'un nouveau gouvernement démocratiquement élu.

Malgré une demande intérieure faible

La forte croissance économique enregistrée par les pays en transition en 2000 représente un résultat positif et encourageant mais il convient de garder à l'esprit que pour un certain nombre de ces pays, cette croissance ne représente qu'un modeste début de reprise après une longue phase de récession. En fait, 10 années après le lancement des réformes, le PIB ne dépassait son niveau d'avant le début du processus de transformation que dans quatre pays seulement (Hongrie en 2000, Pologne en 1995, Slovaquie en 1999 et Slovénie en 1998). En moyenne, les pays de la CEI ont encore un PIB inférieur de 40 % à ce qu'il était en 1989 et dans certains de ces pays, le PIB de 2000 n'atteignait pas la moitié du niveau de la production 10 années auparavant.

Il convient de souligner également qu'hormis quelques pays d'Europe centrale, la demande intérieure demeure en général faible, en dépit d'une légère reprise en 2000. La raison en est que dans un certain nombre de pays, en particulier dans l'Europe du Sud-Est, l'Asie centrale et le Caucase, des couches importantes de la population se sont considérablement appauvries au cours de cette longue récession et l'investissement s'est littéralement effondré face à des perspectives économiques éminemment incertaines. Les baisses de la production et des revenus dans ces pays sont d'une telle ampleur qu'il faudra probablement de nombreuses années pour que la population dans son ensemble commence à ressentir les effets positifs du processus de réforme.

Le fruit de profondes réformes

Il n'en demeure pas moins qu'à l'issue des profondes réformes de la décennie écoulée, la plupart des pays en transition se sont dotés des institutions fondamentales essentielles à une économie de marché et ont libéralisé leur marché intérieur et leur commerce extérieur (certes, à des degrés divers). Hormis quelques pays de la CEI, les économies en transition peuvent être désormais considérées comme des économies ouvertes, en mesure de tirer parti du développement de leurs échanges commerciaux avec le reste du monde. Les chiffres de la croissance pour 2000 mettent bien en évidence les avantages que les pays en transition peuvent désormais retirer du commerce.

Ainsi, en 2000, nombreuses ont été les économies en transition qui ont profité de la demande forte et diversifiée sur leurs principaux marchés d'exportation, en ce qui concerne principalement les produits manufacturés mais également les services et toute une série de produits de base et semi-manufacturés. Les économies d'Europe orientale et des États baltes, en particulier, ont tiré parti de la forte reprise de la demande d'importation en Europe occidentale tandis que la reprise en Russie a stimulé les exportations des voisins de celle-ci dans la CEI. Par ailleurs, les pays exportateurs de produits de base (et spécialement les pays exportateurs de pétrole et de gaz naturel de la CEI) ont profité de hausse soudaine des cours mondiaux, ce qui leur a permis d'améliorer considérablement leur balance commerciale et leur solde des transactions courantes.

L'Union européenne, principal partenaire commercial

L'Union européenne est désormais le principal partenaire commercial de tous les pays d'Europe orientale et de la Baltique, absorbant en fournissant les deux tiers environ de leurs exportations et de leurs importations. La vulnérabilité des économies en transition à l'égard de l'UE du point de vue de l'importance relative de ces courants commerciaux est bien plus grande que la vulnérabilité de l'UE à l'égard des États d'Europe orientale et baltes. De ce fait, la zone de l'Europe orientale et de la Baltique est extrêmement sensible (à la hausse comme à la baisse) aux variations de la demande d'importation en Europe occidentale. Cette plus grande sensibilité s'explique également par le fait que les contraintes qui pèsent sur l'offre dans les économies en transition étaient en général faibles ces dernières années en raison de la disponibilité de ressources sous-utilisées (main-d'œuvre et, à un moindre degré, capital physique) et de la mise en place de capacités nouvelles importantes issues d'investissements nouveaux, où l'IED est généralement présent, en particulier dans le premier cercle de pays entourant l'Union européenne. Ce phénomène a lui-même amplifié l'effet de levier de la demande d'Europe occidentale, permettant d'un côté aux entreprises d'Europe orientale d'exporter davantage pendant les périodes de forte expansion mais, d'un autre côté, rendant plus probables les chocs négatifs en cas de changement de conjoncture. Pendant la seconde moitié des années 90, l'élasticité approximative du total des exportations des États d'Europe centrale et baltes au regard du total de la demande d'importation d'Europe occidentale était en gros de l'ordre de deux pour trois (graphique 1.3.1).

GRAPHIQUE 1.3.1

Importations de l'Europe occidentale et exportations de l'Europe centrale
et des États baltes, en termes réels, 1995-2001

(Variation annuelle, en pourcentage)

Source : Calculs du secrétariat de la CEE-ONU à partir des données nationales.

Note : Importations des pays d'Europe occidentale, en termes réels (biens et services); exportations d'Europe centrale et des États baltes, en termes réels, non compris la Slovaquie dont les données n'étaient pas disponibles.

Le contraste entre le développement des échanges commerciaux en 1999 et en 2000 est particulièrement révélateur. En 1999, le total des importations d'Europe occidentale a augmenté de 6 % exactement, et il a induit une augmentation des exportations d'Europe centrale et des États baltes d'un peu plus de 7 % ce qui constituait pour ces derniers l'une des augmentations les plus faibles de la deuxième moitié des années 90 (graphique 1.3.1). Étant donné la faiblesse persistante de la demande intérieure, le PIB total de l'Europe orientale a augmenté au rythme très modeste de 1,3 %, tandis que la région balte dans son ensemble est entrée en récession (les contrecoups de la crise russe venant accentuer la faiblesse générale de l'économie en 1999). À l'inverse, l'augmentation rapide du volume des importations d'Europe occidentale en 2000 (dépassant légèrement au total 10 %) a constitué le principal facteur explicatif de l'augmentation de près de 20 % du volume des exportations des pays d'Europe centrale et des États baltes. Ces très bons résultats à l'exportation ont grandement contribué à la reprise de la production enregistrée en 2000 dans la zone de l'Europe orientale et de la Baltique.

La forte poussée des cours mondiaux du pétrole et d'autres produits de base, à laquelle est venu s'ajouter le renchérissement du dollar, monnaie de commercialisation de la plupart de ces produits, a procuré un avantage non négligeable sur le plan des termes de l'échange aux pays en transition exportateurs de produits de base, avantage qui est à la base de leur croissance en 2000. Comme on peut le voir dans le chapitre 3 de l'Étude, l'effet de cette amélioration des termes de l'échange a été indirect : en premier lieu, il a contribué à accroître la demande intérieure finale et les importations; par la suite, cette augmentation de la demande peut entraîner également l'augmentation de la production intérieure. Lorsque ce type de courroie de transmission fonctionne dans une économie importante, l'augmentation de la demande d'importation peut renforcer les exportations des principaux fournisseurs : c'est ainsi que l'amélioration des termes de l'échange de la Russie en 2000 a non seulement contribué à la forte reprise de l'économie russe mais a constitué également un moteur de la croissance dans un certain nombre de pays voisins membres de la CEI. La Communauté d'États indépendants est même le groupe régional qui a connu en 2000 la plus forte croissance parmi les économies en transition. Le taux de croissance du PIB a atteint ou dépassé 5 % dans 9 des 12 pays de la CEI, d'où une croissance moyenne de 7,4 % pour l'ensemble de la Communauté.

Ne pas sous-estimer les risques

En dépit de résultats en général favorables sur le plan de la croissance économique en 2000, les décideurs devraient se garder de toute complaisance. Dans les faits, la plupart des économies en transition, y compris celles qui ont le plus progressé sur la voie des réformes, demeurent fragiles et très sensibles aux perturbations externes et autres qui peuvent être à l'origine de douloureuses déconvenues sur le plan économique. Comme on l'a souligné plus haut, les très bons résultats de 2000 mettaient en réalité en évidence l'extraordinaire sensibilité de ces économies aux variations du contexte extérieur. Les pays exportateurs de produits de base et ceux qui se sont spécialisés dans l'exportation de produits à forte intensité de ressource et à faible valeur ajoutée sont particulièrement vulnérables. Étant donné leur forte dépendance à l'égard de la demande d'Europe occidentale, les économies les plus avancées de l'Europe centrale et de la région de la Baltique sont aussi très sensibles aux variations de la demande sur leurs principaux marchés d'exportation. Comme les tendances externes favorables de l'an 2000 risquent fort de s'inverser, les économies en transition pourraient ne pas échapper à un choc extérieur lourd de conséquences.

Une croissance plus faible en 2001

Pour les économies en transition, l'évolution à court terme sera donc fonction des deux principaux facteurs explicatifs de la forte croissance de 2000: la demande d'importation en Europe occidentale et les cours mondiaux des matières premières (pétrole en particulier). La décélération soudaine et rapide de l'économie américaine au cours du second semestre de 2000 et au début de 2001 a déclenché une rétrogradation progressive des prévisions de croissance économique en Europe occidentale également. Par ailleurs, les cours du pétrole sont orientés à la baisse depuis le dernier trimestre de 2000 et leur niveau moyen en 2001 sera probablement inférieur à ce qu'il était en 2000 (mais néanmoins supérieur à son niveau de 1999). La première de ces évolutions aura de sérieuses répercussions sur toutes les économies en transition, accentuant les risques baissiers de leurs perspectives à court terme, mais la seconde évolution n'aura pas les mêmes effets selon que l'on a affaire à un pays importateur ou exportateur net de pétrole.

Il ne semble pas que les changements récents et rapides de l'économie mondiale aient été toujours pris en compte dans les prévisions officielles concernant l'Europe orientale et les États baltes, la plupart de ces prévisions ayant été établies dans le cadre des préparatifs budgétaires pour 2001 alors que le ralentissement de l'économie mondiale n'était pas encore perceptible (tableau 3.1.1). Ces prévisions donnent à penser que, partout dans la région, les gouvernements s'attendaient en général à une poursuite et un renforcement de la reprise en 2001 et, dans bien des cas, à une accélération de leur propre taux de croissance économique. Il ressort en réalité des données les plus récentes que dans un certain nombre de pays d'Europe orientale et d'États baltes, le ralentissement de la croissance de la production était déjà effectif dans les derniers mois de 2000 et au début de 2001.

Dans ces conditions, l'évolution effective à court terme de l'Europe orientale et de la région balte dépend dans une large mesure de la réussite ou de l'échec du combat que l'Europe occidentale mène pour empêcher que ses propres perspectives de croissance ne s'assombrissent. Le scénario "rassurant" (reprenant dans l'ensemble les prévisions officielles des États d'Europe orientale et baltes) suppose un arrêt effectif du ralentissement en Europe occidentale et, en particulier, en Allemagne. Mais, étant donné cette extrême dépendance à l'égard des exportations vers l'Europe occidentale, une croissance nettement moins forte dans cette dernière pourrait se traduire par un recul de 1 à 2 points du taux moyen de croissance du PIB de l'Europe orientale et des États baltes.

La croissance sans précédent du PIB russe en 2000, résulte de la combinaison de deux éléments : la Russie partait d'assez bas, en raison de la crise de 1998, et le contexte extérieur était extrêmement favorable, ce qui risque de ne pas durer. En fait, tout semble indiquer que l'économie russe (la production industrielle en particulier) était déjà en phase de ralentissement au début de 2001. Si la baisse des cours du pétrole se poursuit, la demande intérieure et l'activité industrielle russe en subiront les conséquences et la prévision officielle pour l'ensemble de l'année (PIB en croissance de 4 %) pourrait difficilement se confirmer. Les perspectives de la plupart des autres pays membres de la CEI seront fonction tout à la fois de l'évolution des cours mondiaux du pétrole et des autres produits de base et des résultats de l'économie russe, notamment l'évolution du taux de change du rouble. L'on voit donc que les incertitudes concernant l'évolution de la Russie se traduisent dans une large mesure en incertitudes pour la CEI tout entière.

TABLEAU 3.1.1

Indicateurs économiques fondamentaux pour l'Europe orientale, les États baltes et la CEI,
1998-2001

(Évolutions et parts en pourcentage)

 

PIB (taux de croissance)

Production industrielle (taux de croissance)

Inflation (évolution déc./déc.)

Taux de chômage
(en fin de période)

 

 

 

2000

2001

 

1998

1999

Prévision ex-ante

Chiffre effectif

Prévision officielle

1998

1999

2000

1998

1999

2000

1998

1999

2000

Europe orientale

1.8

1.3

4

3.9

4.2

1.4

-0.1

8.3

..

..

..

12.6

14.6

15.1

Albanie

8

7.3

8

8*

5-7

21.8

16

12*

7.8

-1.0

4.2

17.6

18.2

16.9

Bosnie-Herzégovine a

..

..

12

10*

7-9

23.8

10.6

8.8

2.2

-0.4

3.4

38.7

39.0

39.4

Bulgarie

3.5

2.4

4

5.0*

5

-7.9

-12.3

2.3

0.9

6.2

11.2

12.2

16.0

17.9

Croatie

2.5

-0.4

2.6

3.7

3-4

3.7

-1.4

1.7

5.6

4.6

7.5

18.6

20.8

22.6

République tchèque

-2.2

-0.8

1.5

3.1

3

1.6

-3.1

5.1

6.7

2.5

4.1

7.5

9.4

8.8

Hongrie

4.9

4.4

5

5.2

4.5-5

12.5

10.4

18.3

10.4

11.3

10.1

9.1

9.6

8.9

Pologne

4.8

4.1

5.2

4.1

4.5

3.5

4.8

7.1

8.5

9.9

8.6

10.4

13.0

15.0

Roumanie

-5.4

-3.2

1.3

1.6

4.1

-13.8

-7.9

8.2

40.7

54.9

40.7

10.3

11.5

10.5

Slovaquie

4.1

1.9

2

2.2

3.2

3.8

-3.6

9.1

5.5

14.2

8.3

15.6

19.2

17.9

Slovénie

3.8

5.2

3.75

4.8

4.5

3.7

-0.5

6.2

6.6

8.1

9.0

14.6

13.0

12.0

L’ex-République
yougoslave de
Macédoine

2.9

2.7

6

5.1

6

4.5

-2.6

3.5

-1.1

2.3

10.8

41.4

43.8

44.9

Yougoslavie b

2.5

-19.3

14

10.0

5

3.6

-23.1

10.9

45.7

54.0

115.1

27.2

27.4

26.6

Etats baltes

4.7

-2.0

3

4.8

4.7

6.0

-7.6

6.7

..

..

..

7.3

9.1

10.0

Estonie

4.7

-1.1

3.8-4.0

6.4*

6

4.1

-1.7

9.1

6.8

3.9

4.9

5.1

6.7

7.3

Lettonie

3.9

1.1

3.5

6.6

5-6

3.1

-5.4

3.2

2.8

3.3

1.9

9.2

9.1

7.8

Lituanie

5.1

-4.2

2

2.9

3.7

8.2

-11.2

7.0

2.4

0.3

1.5

6.9

10.0

12.6

CEI

-3.0

3.2

2.3

7.4

4.2

-3.1

7.3

9.6

..

..

..

9.0

8.3

6.9

Arménie

7.3

3.3

5.6

6.0

6.5

-2.1

5.2

6.4

-1.2

2.1

0.4

8.9

11.5

10.9

Azerbaïdjan

10.0

7.4

8

11.4

8.5

2.2

3.6

6.9

-7.6

-0.5

2.1

1.4

1.2

1.2

Bélarus

8.4

3.4

2-3

5.8

3-4

12.4

10.3

8.0

181.6

251.3

108.0

2.3

2.0

2.1

Géorgie

2.9

3.0

4.2-4.8

1.9

3-4

-1.8

7.4

6.1

13.4

11.1

4.6

4.2

5.6

..

Kazakhstan

-1.9

2.7

3

9.6

4

-2.4

2.7

14.6

1.9

18.1

10.0

3.7

3.9

3.7

Kirghizistan

2.1

3.7

4-5

5.0

5

5.3

-4.3

6.0

16.6

39.8

9.5

3.1

3.0

3.1

République de Moldova c

-6.5

-3.4

2

1.9

5

-15.0

-9.0

2.3

18.2

43.8

18.5

1.9

2.1

1.8

Fédération de Russie

-4.9

3.5

1.5-2.5

7.7

4

-5.2

8.1

9.0

84.5

36.6

20.1

13.3

12.2

9.7

Tadjikistan

5.3

3.7

..

8.3

6.7

8.2

5.6

10.3

2.7

30.1

60.6

2.9

3.1

3.0

Turkménistan

5.0

16.0

12

17.6

16

0.2

15.0

25*

19.8

..

..

..

..

..

Ukraine

-1.9

-0.4

1

6.0

3-4

-1.0

4.3

12.9

20.0

19.2

25.8

4.3

4.3

4.2

Ouzbékistan

4.4

4.4

5

4.0

4.4

3.6

6.1

6.4

25.9

26.0

..

0.4

0.5

0.6

Total, Europe orientale,
Etats baltes et CEI

-1.1

2.4

3

6.0

4.2

-0.9

3.7

9.0

..

..

..

..

..

..

Pour mémoire :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PTEC-5

3.2

3.0

4.1

4.0

4.1

4.5

2.9

8.7

..

..

..

10.2

12.5

13.3

PTESE-7

-1.5

-3.0

3.6

3.6

4.5

-7.3

-9.9

6.6

..

..

..

15.4

16.5

17.8

Ex-RDA

2.0

..

..

..

..

7.6

4.8

..

1.1

0.2

..

17.4

17.7

17.2

Source : Statistiques nationales; Comité des statistiques de la CEI; renseignements communiqués directement au secrétariat de la CEE-ONU par les services nationaux de statistique (données du FMI et de la Banque mondiale pour l'Albanie).

Note : Les agrégats sont établis par le secrétariat de la CEE-ONU à l'aide des PPA établis par le Programme européen de comparaison 1996. Les chiffres de la production sont en termes réels (prix constants). Les prévisions sont celles des instituts nationaux de conjoncture ou des prévisions gouvernementales associées à l'élaboration du budget de l'État. La production industrielle désigne la production brute et non la part de l'industrie dans le PIB. L'inflation désigne l'évolution de l'indice des prix à la consommation. Le chômage désigne généralement les chômeurs enregistrés en fin de période (sauf dans les cas de la Fédération de Russie, où il s'agit des estimations du Goskomstat utilisant la définition de l'OIT, et de l'Estonie, où ce chiffre désigne le nombre des personnes à la recherche d'un emploi). Les agrégats sont les suivants : Europe orientale (les 12 pays figurant au-dessous de cette ligne) se décomposant en PTEC-5 (pays en transition d'Europe centrale : République tchèque, Hongrie, Pologne, Slovaquie et Slovénie) et PTESE-7 (pays en transition d'Europe du Sud-Est : Albanie, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Croatie, Roumanie, l'ex-République yougoslave de Macédoine et Yougoslavie); États baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie) et CEI (les 12 pays membres de la Communauté d'États indépendants).

a Données communiquées par l'Office de statistique de la Fédération; Republika Srpska non comprise.

b Les données pour 1999 et 2000 ne comprennent pas celles du Kosovo et Metohia.

c Transdniestrie non comprise.

TABLEAU 3.1.2

Balances commerciales et soldes extérieurs de l'Europe orientale,
des États baltes et de la CEI, 1998-2000

(Évolutions et parts en pourcentage)

 

Exportations de marchandises, en dollars (taux de croissance)

Importations de marchandises, en dollars (taux de croissance)

Balances commerciales (pourcentage du PIB)

Opérations courantes (pourcentage du PIB)

 

1998

1999

2000 a

1998

1999

2000 a

1998

1999

2000 a

1998

1999

2000 a

Europe orientale

9.3

-1.2

12.9

9.0

-2.5

11.0

-9.9

-9.6

-9.8

-4.6

-5.6

-5.2

Albanie

50.9

28.3

-10.0

28.2

11.3

14.0

-19.2

-16.9

-20.6

-1.5

-4.2

-13.4

Bosnie-Herzégovine

82.7

47.3

30.2

36.4

14.7

-5.8

-41.7

-42.1

-32.6

-18.6

-21.4

-17.7

Bulgarie

-15.1

-4.5

20.0

0.5

11.3

17.6

-6.2

-12.2

-13.6

-0.5

-5.3

-5.6

Croatie

8.9

-5.3

3.0

-7.9

-7.0

1.6

-17.8

-17.4

-18.3

-7.1

-7.6

-3.9

République tchèque

15.7

-0.4

10.4

4.4

-2.5

14.9

-4.3

-3.5

-6.6

-2.4

-3.0

-4.8

Hongrie

20.4

8.7

12.3

21.1

9.0

14.5

-5.7

-6.2

-8.5

-4.9

-4.3

-3.7

Pologne

2.6

-2.9

15.5

10.9

-2.4

6.6

-11.9

-11.9

-10.9

-4.3

-7.4

-6.3

Roumanie

-1.5

2.4

21.9

4.9

-12.2

25.6

-8.5

-5.6

-7.3

-7.2

-3.8

-3.8

Slovaquie

11.8

-4.6

15.8

11.9

-13.4

12.5

-10.5

-5.0

-4.0

-9.7

-5.5

-3.9

Slovénie

8.1

-5.6

2.2

7.8

-0.2

0.3

-5.4

-7.7

-7.6

-0.8

-3.9

-3.2

L’ex-République
yougoslave de
Macédoine

6.0

-9.1

11.3

7.7

-7.2

16.3

-17.2

-17.0

-21.0

-8.8

-3.9

-5.7

Yougoslavie

6.8

-47.6

15.1

0.1

-31.8

12.6

-11.8

-10.9

-7.9

-7.4

-8.7

-5.6

Etats baltes

3.5

-12.5

24.9

7.5

-13.7

15.0

-22.7

-18.8

-17.5

-11.0

-9.5

-6.2

Estonie

10.3

-9.2

33.2

7.8

-14.2

23.7

-29.7

-22.8

-22.5

-9.2

-5.7

-6.8

Lettonie

8.3

-4.9

8.1

17.1

-7.6

8.1

-22.6

-18.4

-19.0

-10.7

-9.7

-7.2

Lituanie

-3.9

-19.0

28.1

2.6

-16.6

13.0

-19.4

-17.2

-14.4

-12.1

-11.2

-5.3

CEI b

-15.2

-1.1

46.0

-14.0

-23.8

15.6

6.0

14.9

22.0

-1.7

8.3

14.8

Arménie

-5.2

5.4

22.5

1.1

-11.2

10.9

-36.0

-30.9

-33.3

-21.3

-16.6

-16.0

Azerbaïdjan

-22.4

53.3

235.7

35.6

-3.9

10.3

-10.6

-2.4

19.3

-30.7

-13.3

1.9

Bélarus

-3.2

-16.2

29.4

-1.6

-22.1

36.5

-12.4

-6.7

-11.6

-7.3

-2.3

-1.7

Géorgie

-19.7

23.7

50.3

-6.3

-31.9

7.1

-19.0

-12.8

-9.9

-11.4

-6.9

-7.5

Kazakhstan

-16.3

2.9

76.7

1.1

-15.3

30.5

4.9

11.3

21.3

-5.6

-1.4

4.8

Kirghizistan

-15.0

-11.6

10.6

18.7

-28.7

-6.1

-20.5

-11.9

-0.9

-23.2

-15.1

-4.0

République de Moldova

-27.8

-26.9

2.9

-12.6

-44.0

39.0

-23.1

-9.5

-24.4

-19.3

-2.9

-7.9

Fédération de Russie

-16.3

0.5

49.5

-17.9

-29.5

9.3

10.2

22.4

28.7

0.3

13.4

19.3

Tadjikistan

-20.0

15.4

13.5

-5.2

-6.7

1.0

-8.7

2.4

12.7

-9.1

1.6

10.4

Turkménistan

-20.9

99.9

92.0

-14.9

46.7

36.9

-14.6

-8.9

12.4

-33.0

-26.0

1.5

Ukraine

-11.2

-8.4

23.9

-14.3

-19.3

21.3

-5.0

-0.9

1.8

-3.2

2.8

7.0

Ouzbékistan

-20.1

-9.0

-2.9

-25.4

-9.1

-5.6

0.6

0.5

0.8

-0.7

-1.0

0.2

Total, Europe orientale,
Etats baltes et CEI

-3.5

-1.8

28.2

0.4

-10.2

13.3

-2.7

-0.1

4.7

-3.4

4.3

Pour mémoire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PTEC-5

11.6

0.1

12.2

11.1

-1.0

10.3

-9.0

-8.7

-9.1

-4.2

-5.8

-5.3

PTESE-7

-0.1

-6.8

16.2

2.2

-7.9

13.8

-12.7

-12.5

-12.4

-6.0

-5.1

-4.7

Source : Statistiques nationales; Comité des statistiques de la CEI; renseignements communiqués directement au secrétariat de la CEE-ONU par les services nationaux de statistique; chiffres établis par le secrétariat de la CEE-ONU.

Note : La croissance du commerce extérieur est mesurée en prix courants en dollars. Les balances commerciales et des opérations courantes se rapportent au PIB en prix courants, converti des monnaies nationales au taux de change courant du dollar. Les valeurs du PIB en prix courants pour 2000 sont dans certains cas des estimations établies à partir des taux de croissance en termes réels et des indices des prix à la consommation. Pour les agrégats régionaux, voir la note au tableau 3.1.1.a Résultat provisoire pour l'ensemble de l'année 2000 en ce qui concerne l'Europe orientale et les États baltes; janvier - septembre pour la CEI et "total Europe orientale, États baltes et CEI".

b Y compris le commerce intra-CEI.

Quelles conséquences dans la pratique ?

Pour les économies en transition, ces incertitudes et les risques croissants d'un ralentissement de la croissance impliquent une politique économique plus active en 2001 et des modifications des orientations déjà inscrites dans les budgets adoptés pour cette année-là. Les responsables de la politique économique devront surveiller de près non seulement le comportement de leur propre économie mais également les évolutions de leurs principaux partenaires commerciaux ainsi que des marchés mondiaux. Si la situation externe continue de se détériorer, il faudra que les responsables de la politique économique dans les pays en transition soient prêts à intervenir rapidement pour, par des mesures anticycliques, amortir, au moins en partie, un éventuel choc négatif. Ils ne seront peut-être pas en mesure d'en éliminer complètement les effets mais, étant donné le risque d'aggravation des déséquilibres existants, une réaction rapide peut aider à amortir ces répercussions négatives.

Un ralentissement prolongé, d'abord en Europe occidentale puis dans les pays en transition également, serait un facteur de risque réel pour la transformation économique et les perspectives futures de ces économies. Il serait sans aucun doute fort préjudiciable aux marchés du travail des économies en transition, qui sont déjà bien mal en point. À la fin de 2000, le taux de chômage moyen pour l'Europe orientale avoisinait 15 %. Malgré le fort taux de croissance économique, les nouveaux emplois ne pouvaient absorber toute la main-d'œuvre libérée par le processus de restructuration des entreprises. Un ralentissement de la croissance économique ne ferait pas qu'aggraver le chômage, il risquerait également de freiner, pour cause de tensions sociales, le processus douloureux mais nécessaire de restructuration de l'économie et de réforme systémiques.

L'expérience récente montre que dans les pays en transition qui ont obtenu les meilleurs résultats, la croissance reposait sur le développement des exportations et sur l'amélioration de la structure par produits, deux facteurs qui nécessitent des investissements fixes importants et, en particulier, des investissements étrangers directs. Un ralentissement de la croissance de la production en Europe occidentale (qui est une source importante d'IED pour les pays en transition) pourrait aussi induire une contraction de l'investissement direct dans les pays en transition. Tous ces risques baissiers qui prennent de l'importance dans les pays en transition et auxquels il faut ajouter les risques propres à l'Europe occidentale, renforcent les arguments en faveur d'une intervention anticyclique. Un ralentissement marqué et prolongé en Europe occidentale nuirait également aux perspectives d'élargissement de l'UE. Comme il a été dit à plusieurs reprises dans la présente Étude, pour que les économies en transition rattrapent les économies avancées d'Europe occidentale sur le plan des revenus par habitant et des niveaux de développement (condition nécessaire à une adhésion sans accroc à l'UE), il faut qu'elles enregistrent des taux de croissance économique soutenus (de l'ordre de 5 à 6 % par an, voire plus) sur une période suffisamment longue. Pour les pays d'Europe orientale et de la région de la Baltique candidats à l'adhésion à l'UE, la vigueur de la demande d'importation sur les marchés d'Europe occidentale est vitale pour le succès d'une telle stratégie. Comme le fait remarquer Mme Hübner pour conclure, "ce qui compte avant tout, c’est de maintenir en Europe des taux de croissance élevés".

Pour des informations complémentaires, veuillez contacter :

Division des analyses économiques

Commission économique des Nations Unies pour l’Europe (CEE-ONU)
Palais des Nations
CH - 1211 Genève 10, Suisse
Téléphone:  (+41 22) 917 27 78
Fax: (+41 22) 917 03 09
Mél: paul.rayment@unece.org

Site Web: http://www.unece.org/ead/ead_h.htm

Réf.: ECE/GEN/01/08


United Nations Economic Commission for Europe

Information Unit

Palais des Nations, 

CH-1211 Geneva 10, Switzerland

Tel.: +41 (0) 22 917 44 44

Fax: +41 (0) 22 917 05 05