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La CEE-ONU et plus d’une cinquantaine d’organismes de normalisation signent la Déclaration sur les normes et l’élaboration des normes tenant compte des questions de genre

publié: 14 mai 2019

Les femmes sont largement sous-représentées dans l'élaboration des normes qui touchent tant de domaines de notre vie, depuis les infrastructures dont dépendent les économies jusqu'aux produits de consommation courante et aux technologies nécessaires pour relever un large éventail de défis en matière de durabilité.

Bon nombre de ces normes ne tiennent pas suffisamment compte des différences entre la façon dont les femmes et les hommes peuvent être affectés.

Un rapport publié en 2017 par les syndicats du Royaume-Uni a révélé que les équipements de protection individuelle (EPI) mal adaptés gênaient le travail de 57 % des femmes. Dans les services d'urgence, seulement 5% des femmes ont déclaré que leur EPI n'avait jamais gêné leur travail.

Les valeurs standard utilisées pour régler le chauffage et la climatisation dans les bureaux se sont avérées surestimer le taux métabolique des femmes jusqu'à 35%, ce qui signifie que les bureaux sont en moyenne cinq degrés Celsius trop froids pour les femmes.

La nécessité de normes qui tiennent compte de la répartition inégale des sexes dans les différents secteurs de l'économie est également importante - couvrant par exemple l'exposition aux pesticides dans les travaux agricoles saisonniers ou aux produits chimiques nocifs couramment utilisés dans les salons de manucure - domaines où les femmes représentent la majorité de la main-d'œuvre.

Une autre dimension importante est l’application des normes utilisées pour le commerce international qui reste hors de portée pour de nombreuses petites et moyennes entreprises tenues par des femmes, surtout dans des pays à faible revenu. Les coûts relatifs à la certification ou le manque de connaissances sont parmi les principaux obstacles en la matière.

Non seulement ces questions entravent les progrès vers la réalisation de l'objectif de développement durable N°5 relatif à l'égalité des sexes, mais elles sapent également le potentiel des normes en tant qu'outils puissants de soutien au développement durable.

Afin de remédier à cet écart critique entre les sexes, une cinquantaine d'organisations du monde entier ont signé aujourd'hui une Déclaration sur les normes et l’élaboration des normes tenant compte des questions de genre. Les signataires comprennent des organismes internationaux de normalisation (tels que l'ISO, l'UIT, la CEI, l'ASTM International), des organismes régionaux de normalisation (couvrant l'Afrique, l'Europe et l'Asie du Sud) et des organismes nationaux de normalisation de toutes les régions du monde (Chine, Inde, Thaïlande, Canada, Royaume-Uni, Espagne, Mexique, Sénégal et Maroc).

En signant la Déclaration, élaborée à la CEE-ONU, les organismes de normalisation s'engagent à créer et à mettre en œuvre des plans d'action pour l'égalité des sexes. L'objectif est d'appuyer des processus d'élaboration de normes plus équilibrés et inclusifs et de renforcer la prise en compte des sexospécificités dans les normes elles-mêmes, notamment en effectuant des analyses sexospécifiques pour l'élaboration ou la révision de toutes les normes. Les signataires s'engagent également à suivre les progrès accomplis, à collecter et à diffuser des données pertinentes, des exemples de réussite et de bonnes pratiques.

Les engagements pris par les organismes signataires dans le cadre de leurs plans d'action incluent les éléments suivants :

  • L'ISO s'engage à commencer à collecter et à présenter des données ventilées par sexe sur la participation à ses comités et organes de gouvernance et à élaborer des lignes directrices pour aider les comités techniques à élaborer des normes sensibles au genre ;
  • L'IPQ, l'organisme de normalisation du Portugal, s'est engagé à collaborer avec la Commission nationale pour l'égalité dans le travail et l'emploi et l'organisme islandais de normalisation pour l'élaboration d'une norme portugaise sur la parité salariale ;
  • La République dominicaine s'engage à accroître la participation des ONG représentant les intérêts des femmes dans l'élaboration des normes.

Une étude plaidant en faveur de l'intégration de la dimension de genre dans l'élaboration et la mise en œuvre des normes a été présentée lors de la cérémonie d’ouverture de la Déclaration. L'étude examine l'état d'avancement de la prise en compte des sexospécificités dans l'élaboration et l'utilisation des normes et les approches adoptées en la matière, et formule des recommandations à l'intention des organismes de normalisation, des gouvernements, des donateurs et des organisations internationales.

La Secrétaire Exécutive de la CEE-ONU, Olga Algayerova, a commenté : « Aujourd’hui nous nous engageons à promouvoir l’intégration renforcée de la question du genre dans l’élaboration des normes, et à garantir que les normes et les processus liés à leur développement intègrent davantage les plus en compte les questions de genre. La CEE-ONU développe des normes qui s’appliquent dans de nombreux domaines tels le commerce, le transport et l’énergie, afin de soutenir les pays dans la mise en place l’Agenda 2030 du Développement Durable. Nous sommes dans une position clé pour héberger ce partenariat, qui rassemble les acteurs de la normalisation à travers le monde et les Etats Membres pour promouvoir l’autonomisation des femmes et des filles. C’est un moment de célébration, mais il nous reste beaucoup à faire. »

Un exemple de l'action menée par la CEE-ONU pour promouvoir l'autonomisation économique des femmes en tant que moteur de l'égalité des sexes est une initiative du CEFACT-ONU visant à identifier les obstacles et les approches afin d'accroître la participation des femmes à la facilitation du commerce et à renforcer la sensibilité des normes et recommandations dans les processus commerciaux internationaux et électroniques.

Note aux rédactions

La Déclaration a été élaborée à la CEE-ONU dans le cadre de l'Initiative pour des normes tenant compte des sexospécificités, un groupe de travail diversifié composé de représentants d'organismes de normalisation, de spécialistes de l'égalité des sexes, de représentants d'organismes de réglementation, de décideurs, d'ONG, d'organismes des Nations Unies et de membres de la communauté universitaire.

L'Initiative vise à renforcer l'utilisation des normes et des règlements techniques en tant qu'outils puissants pour atteindre l'ODD 5 (Réaliser l'égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles), à intégrer une perspective sexospécifique dans l'élaboration des normes et des règlements techniques, et à élaborer des indicateurs et critères sexospécifiques qui pourraient servir à élaborer des normes. L'Initiative a été élaborée dans le cadre du Groupe de travail des politiques de coopération en matière de réglementation et de normalisation de la CEE-ONU (WP.6).


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