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Le Ghana fait progresser la coopération transfrontalière dans le domaine de l'eau en Afrique ‎en adhérant aux conventions des Nations unies

publié: 26 juin 2020

Au 22 juin 2020, le Ghana est devenu le troisième pays africain (44ème partie) à adhérer à la Convention sur la protection et l'utilisation des cours d'eau transfrontières et des lacs internationaux (Convention sur l'eau), dont le secrétariat est assuré par la CEE-ONU, et le 37ème pays à ratifier la Convention sur le droit relatif aux utilisations des cours d'eau internationaux à des fins autres que la navigation (Convention sur les cours d'eau).

Les bassins fluviaux transfrontaliers du Ghana, à savoir le bassin de la Volta (partagé avec le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, le Mali et le Togo - où vivent plus de 23 millions de personnes et dont la population devrait plus que doubler d'ici 2050), les fleuves Bia et Tano (partagés avec la Côte d'Ivoire) et le bassin Todzie-Aka (partagé avec le Togo), couvrent plus de 75 % de la surface terrestre du pays et génèrent environ 80 % des flux d'eau douce.

Ces ressources hydriques partagées fournissent de l'eau pour l’alimentation, l'assainissement, l'agriculture (qui représente entre 54 et 85% des emplois dans les pays du bassin de la Volta), l'hydroélectricité et les besoins industriels. Les bassins relient les populations par-delà les frontières, créant ainsi des interdépendances socio-économiques entre les pays riverains.

La coopération transfrontalière sur ces bassins partagés est donc essentielle pour assurer le développement durable et préserver la stabilité régionale, en particulier dans le contexte de l'augmentation du stress hydrique lié au changement climatique; et pour garantir l'accès à l'eau potable et à l'assainissement, vital pour l'hygiène face à la COVID-19.

Son Excellence, Mme Cecilia Abena Dapaah, ministre de l'assainissement et des ressources en eau, a déclaré que « le Ghana promeut la coopération transfrontalière comme un moyen essentiel de garantir des solutions pragmatiques ancrées sur les négociations et le dialogue avec ses voisins riverains. Les effets croissants du changement climatique et la pression exercée sur les ressources en eau exigent une action urgente pour approfondir la coopération existante. Le Ghana encourage les autres pays riverains à adhérer également aux deux principales conventions mondiales (la convention sur l'eau de 1992 et la convention sur les cours d'eau de 1997) afin de renforcer notre coopération internationale et nos mesures nationales en faveur de l'utilisation, de la gestion et du développement rationnels des ressources transfrontalières en eaux de surface et en eaux souterraines ».

Mme Olga Algayerova, Secrétaire exécutive de la CEE-ONU, a déclaré : « Je félicite chaleureusement le Ghana pour son adhésion aux deux conventions mondiales sur l'eau. Cette étape importante témoigne de l'élan politique croissant en faveur de la coopération dans le domaine de l'eau en Afrique, en mettant à profit les conventions des Nations unies sur l'eau, comme fondement du développement durable, de la prévention des conflits et de l'adaptation au changement climatique. La CEE-ONU poursuivra sa collaboration avec les pays et les organisations régionales et sous-régionales pour promouvoir et mettre en œuvre les deux conventions mondiales sur l'eau. J'appelle tous les États membres des Nations unies qui partagent des ressources en eau à adhérer à ces instruments et à les utiliser pleinement ».

Un nombre croissant de pays s'emparent des cadres institutionnels et juridiques des conventions mondiales sur l'eau pour faciliter les efforts concrets de coopération sur les ressources en eau partagées. L'adhésion du Ghana à la Convention sur l'eau fait suite à celle du Tchad et du Sénégal en 2018, qui sont devenus les premiers pays hors de la région paneuropéenne à y adhérer. La Côte d'Ivoire et le Togo - avec lesquels le Ghana partage ses bassins -, le Cameroun et la République centrafricaine, sont à un stade avancé du processus national d'adhésion à la convention, tandis que de nombreux autres pays africains font partie de la vingtaine de pays qui prennent des mesures en vue de leur adhésion.

L'adhésion du Ghana aux deux conventions, soutenue par la CEE-ONU, Green Cross International, WWF et plusieurs autres partenaires depuis 2018, suit également la recommandation du Conseil des ministres de l'Autorité du bassin de la Volta faite lors de sa 7e session tenue à Accra (Ghana) le 10 mai 2019. Cela montre également le rôle important joué par les organisations régionales, notamment les organisations de bassin, dans la promotion des Conventions mondiales sur l'eau.

L'adhésion du Ghana à la Convention de l'eau entrera en vigueur dans les 90 prochains jours (20 septembre 2020).

Note aux rédactions

À propos de la Convention sur l'eau

La Convention sur la protection et l'utilisation des cours d'eau transfrontières et des lacs internationaux, dont le secrétariat est assuré par la CEE-ONU, constitue, depuis son entrée en vigueur en 1996, un cadre important pour améliorer la gestion des ressources en eaux de surface et souterraines transfrontières dans la région paneuropéenne. En mars 2016, la Convention sur l'eau est devenue un cadre juridique multilatéral et intergouvernemental mondial pour la coopération sur les eaux transfrontalières, ouvert à l'adhésion de tous les États membres des Nations unies.

La convention vise à protéger et à assurer la gestion qualitative, quantitative et durable des ressources en eau transfrontalières en facilitant et en promouvant la coopération entre les pays. Un aspect important de la convention est son cadre institutionnel, qui repose sur la réunion des parties, ses organes subsidiaires, tels que les groupes de travail et les équipes spéciales, ainsi qu'un secrétariat permanent. Ce cadre aide les Parties à mettre en œuvre et à développer progressivement la Convention, ce qui inclut l'échange d'expériences et de bonnes pratiques, l'élaboration de lignes directrices et de recommandations, des projets sur le terrain et le renforcement des capacités. La Convention travaille sur différents domaines, tels que l'adaptation au changement climatique et les interactions entre l'eau, l'alimentation, l'énergie et les écosystèmes au sein des bassins transfrontaliers.

La coopération transfrontalière dans le cadre de la Convention sur l'eau peut accélérer les progrès vers les objectifs de développement durable (ODD), en particulier vers la cible 6.5 des ODD qui consiste à « d’ici à 2030, assurer la gestion intégrée des ressources en eau à tous les niveaux, y compris au moyen de la coopération transfrontière ». La CEE-ONU est, avec l'UNESCO, les agence co-responsables du suivi de l'indicateur 6.5.2, des ODD qui mesure la coopération sur les eaux transfrontalières.


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