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La qualité de l'air s’est améliorée en Amérique du Nord et en Europe au cours des 30 dernières années - sous l’effet des politiques coordonnées menées dans le cadre de la Convention de l’Air de la UNECE - mais plus d'efforts sont nécessaires

publié: 31 mai 2016

La qualité de l'air s’est fortement améliorée en Amérique du Nord et en Europe au cours des trois dernières décennies, en grande partie grâce à la Convention de l’Air de la UNECE et aux politiques de réduction de la pollution atmosphérique de l'UE.

L'espérance de vie moyenne en Europe a augmenté d'un an et des centaines de milliers de décès prématurés ont été évitées chaque année grâce aux efforts de réduction de la pollution atmosphérique. Parallèlement, l'acidification des sols a été stoppée dans la plupart des régions d'Europe, et les bancs de poissons repeuplent les eaux douces, d’où ils avaient largement disparu.

Malgré ces succès, la pollution de l'air demeure la première cause environnementale de mort prématurée en Europe, notamment en raison de fortes concentrations de particules fines et d’ozone troposphérique. La biodiversité des écosystèmes est également menacée en raison de dépôts d'azote au sol. Telles sont les principales conclusions du rapport Towards Cleaner Air, développées dans le cadre de la Convention sur la pollution atmosphérique transfrontière à longue distance (plus connue sous le nom de Convention de l’Air), lancées aujourd'hui à Bruxelles.

"Des efforts accrus et un renforcement de la coopération internationale sont nécessaires pour améliorer encore la qualité de l'air et pour limiter ses effets négatifs sur la santé humaine, les écosystèmes et l'économie", a déclaré Anna Engleryd, présidente de l'organe exécutif de la Convention de l’Air de la UNECE. "Des mesures spécifiques seront nécessaires pour réduire les émissions d’ammoniac, qui proviennent principalement de l’agriculture. L’éventail des solutions devra inclure la réduction de la  densité du bétail d’élevage dans et autour des zones naturelles sensibles et l’encouragement à une réduction de la consommation de viande".

"Ce rapport montre que des solutions sont disponibles et que les politiques volontaristes sont efficaces. L’application de tous les protocoles de la Convention de l’Air permettrait de réduire considérablement la pollution atmosphérique. Elle permettrait aussi de garantir des règles de jeu communes pour les différentes industries sur la scène internationale, et d’empêcher ainsi les pays de se concurrencer les uns les autres au détriment de l'environnement et de la santé", a déclaré le Secrétaire exécutif de la UNECE, Christian Friis Bach. "J’appelle tous les gouvernements à prendre des mesures appropriées, dès la conférence ministérielle Un Environnement pour l'Europe qui aura lieu la semaine prochaine en Géorgie".

Le rapport est lancé quelques semaines avant la phase finale des négociations de l'UE sur la révision de la directive sur les plafonds nationaux d'émissions (NECD), qui vise à établir des engagements plus rigoureux de réduction des émissions dans l’UE.

De fortes réductions des émissions et des concentrations

Les efforts des pays en vertu de la Convention de l’Air et dans l'UE ont donné des résultats  significatifs :

  • Il y a eu une forte baisse des émissions des principaux polluants (schéma 1).
  • La concentration de particules fines dans des sites d'échantillonnage européens a diminué d'environ un tiers entre 2000 et 2012. Les concentrations moyennes annuelles de PM2,5 ont chuté de 33 % entre 2000 et 2012 aux Etats-Unis et de 4 % au Canada.
  • Le nombre de jours dépassant le niveau de concentration en ozone dans l'air (directive de l’OMS) a baissé de 20 % par rapport à 1990.
  • Sans les mesures politiques prises, l'acidification des forêts et des lacs aurait été 30 fois plus élevée qu'aujourd'hui. Au lieu de cela, les zones menacées par l’acidification ont été réduites de plus de 90 %.

Découplage de la croissance et de la pollution de l'air

La croissance économique et les tendances de la pollution de l'air ont été progressivement découplées. En Europe occidentale, les mesures environnementales ont joué pour environ un tiers dans ce phénomène. Les politiques d’incitation à l’utilisation de carburants plus propres et d’accroissement de l’efficacité énergétique ont également joué un rôle important.

Si les émissions avaient augmenté de pair avec la croissance du PIB, les niveaux moyens de PM2,5 en Europe aujourd’hui auraient atteint ceux enregistrés dans les "zones sensibles". Cela impliquerait des répercussions trois fois plus élevées sur la santé par rapport à aujourd'hui et plusieurs centaines de milliers de décès prématurés supplémentaires chaque année.

L’action est payante en termes macro-économiques

En Europe, le coût des effets de la pollution atmosphérique sur la santé humaine (sans compter les dommages causés aux productions agricoles ou aux bâtiments) est d'environ 1.100 milliards d’euro par an. Il est de plus de 1.000 milliards de dollars US aux États-Unis. Pour la moitié des pays membres de la UNECE, le total des coûts médicaux liés à la pollution de l'air représente plus de 10 % du PIB. Le rapport met en évidence que les coûts relatifs au contrôle de la pollution de l'air sont nettement inférieurs à ceux-ci. Les politiques de réduction la pollution atmosphérique sont donc un investissement rentable.

Des efforts mieux coordonnés sont nécessaires

La pollution urbaine est très affectée pas des sources de pollution transfrontières (schéma 2) dont l’origine se situe parfois à des centaines voire à des milliers de kilomètres. Des actions au niveau local ou même national ne seront donc pas suffisantes pour faire face à ces problèmes. Une coopération internationale plus large est nécessaire dans l'hémisphère nord et avec l'Asie, afin de réduire significativement un certain nombre de polluants atmosphériques.

Au cours des prochaines décennies, les politiques climatiques et énergétiques devraient permettre d'améliorer la qualité de l'air. Toutefois, des politiques prônant l’utilisation du bois domestique, l’usage du diesel ou de biocarburants et de biodigesteurs, pourraient en fait augmenter la pollution de l'air, si  ces politiques ne sont pas accompagnées de mesures techniques additionnelles. Une vision plus globale, combinant des politiques de qualité de l'air avec des politiques climatiques et sectorielles sur les transports, l'énergie, l'agriculture et la biodiversité, serait donc nécessaire pour éviter de tels problèmes.

Note aux rédactions

La Convention sur la pollution atmosphérique transfrontière à longue distance a été signée en 1979. Au fil des ans, elle a été complétée par huit protocoles, identifiant les mesures spécifiques à prendre par les Parties pour réduire leurs émissions de polluants atmosphériques. La Convention compte 51 Parties, couvrant l'Amérique du Nord et la quasi-totalité du continent européen.

La Directive sur les plafonds nationaux d'émission 2001/81/CE (NECD) est actuellement en cours de révision. La proposition remplace le régime actuel de l'Union, sur le plafonnement annuel des émissions nationales de polluants atmosphériques, définis dans la directive 2001/81/CE. La proposition veille ainsi à ce que les plafonds d'émission nationaux (PEN) fixés dans la directive actuelle 2001/81/CE de 2010 pour le dioxyde de soufre (SO2), les oxydes d'azote (NOx), les composés organiques volatils non méthaniques (COVNM) et l’ammoniac (NH3), soient applicables jusqu'en 2020. Ce faisant, elle établit de nouveaux engagements de réduction des émissions nationales ("engagements de réduction") applicables à partir de 2020 et 2030 pour le SO2, NOx, COVNM, NH3, les particules fines (PM2,5) et le méthane (CH4).

 

Schéma 1      

 

Réductions des émissions en Europe et en Amérique du nord

 


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