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COMMISSION ECONOMIQUE POUR L'EUROPE SUISSE Comité du bois CEE/ONU

  A. Situation économique

Situation générale

Les stimulants provenant de nouveau du commerce extérieur compléteront de plus en plus une demande intérieure stable. Ainsi, la croissance économique regagnera sensiblement en dynamisme au second semestre 1999. Parallèlement, les conditions structurelles sont réunies pour qu’il en résulte une détente durable du marché de l’emploi dans un contexte de risques limités d’inflation. Comme prévu, le rythme d’expansion de l’économie suisse s’est encore ralenti et a presque frisé la paralysie au 1er trimestre 1999. Le fléchissement de la croissance dû à la léthargie du commerce extérieur a encore été accentué par des facteurs exceptionnels dans la construction (intempéries) et le tourisme (avalanches). Compte tenu de la robustesse intrinsèque de l’économie suisse et des tendances à l’amélioration de l’environnement international, il semble toutefois qu’un retournement ait eu lieu sur la voie de la reprise. (Source: UBS Outlook Suisse, Analyses conjoncturelles et sectorielles à l’attention des décideurs, 3e trimestre 1999)

Tableau 1: Indicateurs économiques

 

Estimations

 

1996

1997

1998

1999

2000

Produit intérieur brut PIB1)

-0.2

1.7

2.3

1.4

2.1

Exportations1)

2.9

9.0

4.1

2.6

5.1

Importations1)

2.7

8.1

8.8

2.8

3.9

Prix à la consommation1)

0.8

0.5

0.0

0.5

1.0

Taux de chômage

4.7%

5.2%

3.9%

2.7%

2.3%

1) Modifications en % par rapport à l’année précédente

Situation dans la construction

Après des années de restructurations, la construction a retrouvé un bon niveau de commandes. Les prix demeurent toutefois soumis à une forte pression. L’industrie du bois bénéficie de la même évolution économique. Les capacités des entreprises de transformation du bois sont très bien utilisées, mais il n’est guère possible d’imposer des améliorations de prix.
 
 

B. Marché des produits forestiers

1. Récolte de bois en Suisse

Avec une récolte de bois de 4,8 millions de m3, 1998 a été une année record - abstraction faite toutefois de la période de guerre et des tempêtes de 1990. Une forte demande de grumes et de bois de feu est à l’origine de cette augmentation, qui est de 11 % par rapport à l’année précédente et de 21% par rapport à 1996. Les prix de ces assortiments sont restés pratiquement constants tout au long de l’année. Cela montre bien que le niveau des prix et les conditions générales actuelles du marché du bois incitent les propriétaires de forêts à augmenter leurs exploitations. L’accroissement de la récolte de tous les assortiments indique que le bois a toujours la cote en tant que matière première et agent énergétique écologiques poussant en Suisse.

Pour 1999, les arrondissements forestiers prévoient un accroissement de la récolte de bois de 6% par rapport à l’année précédente. Si ces prévisions se révèlent exactes, le volume de la récolte devrait dépasser 5 millions de m3 en 1999.


Tableau 2 : Récolte de bois en Suisse, 1994 – 2000 (en 1000 m3)

Estimations

 

Année

 

 

1994

 

 

1995

 

 

1996

 

 

1997

 

 

1998

 

 

1999

 

 

2000

 

Assortiment

Bois en grumes, résineux

 

2'802

 

 

2'820

 

 

2'215

 

 

2'557

 

 

2'880

 

 

2'950

 

 

3'070

 

Bois en grumes, feuillus

 

432

 

 

484

 

 

448

 

 

433

 

 

506

 

 

500

 

 

520

 

Bois de trituration, résineux

 

352

 

 

350

 

 

308

 

 

287

 

 

285

 

 

300

 

 

310

 

Bois de trituration, feuillus

 

166

 

 

191

 

 

170

 

 

167

 

 

174

 

 

200

 

 

210

 

Bois de feu, résineux

 

295

 

 

286

 

 

272

 

 

311

 

 

315

 

 

350

 

 

360

 

Bois de feu, feuillus

 

563

 

 

547

 

 

581

 

 

628

 

 

685

 

 

700

 

 

730

 

Total

 

4'610

 

 

4'678

 

 

3'994

 

 

4'383

 

 

4'845

 

 

5'000

 

 

5'200

 

Difference en %

1

-15

10

11

3

4

Source: OFEFP, Direction fédérale des forêts


Graphique 1 : Récolte de bois en Suisse (en millions de m3)

2. Résineux (bois ronds et sciages)

Conformément aux estimations des arrondissements forestiers, durant le premier semestre 1999, la demande de grumes résineuses et feuillues a été soutenue, même si elle n’a pas atteint le niveau de 1998.

Après une chute des recettes moyennes, observée l’année précédente, on a assisté en 1998 à une correction des prix des sciages. La production et les chiffres d’affaire ont donc augmenté de presque 5% sans que cela améliore toutefois les gains obtenus. Dans l’ensemble, les professionnels estiment que le marché des sciages connaît une évolution favorable.

Selon la statistique suisse du commerce extérieur, durant le premier semestre 1999, les exportations de grumes résineuses ont augmenté de 6% par rapport à la même période de l’année précédente, atteignant 292'000 tonnes ou 450'000 m3. Pour cet assortiment, le volume des exportations a donc presque atteint celui de 1997 ou celui de 1991, année où beaucoup de bois exploité après la tempête de 1990 avait été exporté.

Graphique 2 : Commerce extérieur de résineux par semestre

Source: Direction générale des douanes, Statistique du commerce extérieur de la Suisse

3. Feuillus (bois ronds et sciages)

Les bois clairs tels que le hêtre et l’érable ont la cote. Les bonnes qualités de hêtre, à savoir les hêtres épais et blancs, sont demandés à des prix stables. En revanche, les qualités de moindre valeur telles que celles de bois d’emballage sont moins prisées. Le marché des sciages de feuillus subit des influences contradictoires. Les essences claires de bonne qualité sont très demandées, tandis qu’il es toujours plus difficile d’écouler les qualités de moindre valeur et les essences sombres telles que le frêne et le chêne.
 

4. Bois d’industrie

Pâte de bois mécanique, cellulose: En 1998, l’industrie suisse de la cellulose et du papier a utilisé 1,1 million de m3 de bois. Sur ce total, seuls 340’000m3 provenaient de la forêt, les 70% restants étant des sous-produits industriels. De légères améliorations de prix ont été obtenues, qui ont permis de retrouver le niveau de 1996. Les résultats réalisés sur le marché de la cellulose se sont détériorés après les vacances estivales de 1998. Trois évolutions négatives se sont fait ressentir conjointement: le prix de la cellulose a chuté, le volume des ventes a reculé, et le franc s’est raffermi par rapport au dollar. Vers le milieu de l’année 1999, on a toutefois assisté à un tournant : Le marché et les prix de la cellulose se sont légèrement raffermis. Les stocks de bois se sont normalisés ; en 1999, le volume des achats sera égal à celui de l’année précédente.


Tableau 3: Achats de bois de trituration (en 1000 m3)

 

rondins et

 

 

plaquettes et

 

 

Différence

 

 

quartiers

 

 

particules

 

 

Total

 

 

en %

 

1997

bois à papier

 

356

 

 

478

 

 

834

 

panneaux (partic. + fibres)

 

214

 

 

520

 

 

734

 

Total

 

570

 

 

998

 

 

1568

 

23

1998

bois à papier

 

339

 

 

787

 

 

1126

 

panneaux (partic. + fibres)

 

270

 

 

538

 

 

808

 

Total

 

609

 

 

1325

 

 

1934

 

6

1999 (estimations)

bois à papier

 

370

 

 

780

 

 

1150

 

panneaux (partic. + fibres)

 

300

 

 

600

 

 

900

 

Total

 

670

 

 

1380

 

 

2050

 

Source: OFEFP, Direction fédérale des forêts

Panneaux de fibres et de particules: Les marchés ont encore connu une forte concurrence, qui s’est surtout manifestée au niveau des prix. Par ailleurs, la forte demande de petit bois due aux scieries, ainsi que l’exploitation de l’énergie du bois ont eu des répercussions négatives sur l’approvisionnement de l’industrie de la cellulose et des panneaux de particules. Cependant, une évolution en faveur du lieu de production de la Suisse s’est dessinée: ainsi, on a décidé de moderniser l’usine de panneaux de particules Fideris, et la nouvelle construction d’une usine de panneaux MDF de Kronospan avance comme prévu. La demande de bois d’industrie provenant de la forêt a connu une augmentation, qui s’est également répercutée sur les prix. Il est intéressant de relever que l’industrie des panneaux a acheté 10% de plus de bois en 1998 que l’année précédente. Cependant, ces achats n’ont pas servi à couvrir une consommation accrue, mais essentiellement à augmenter les stocks de bois brut.

Avec l’exploitation de la nouvelle usine de panneaux MDF, on peut s’attendre, pour 1999, à un nouvel accroissement du volume des achats de bois de quelque 10%.
 
 

5. Bois-énergie

En 1998, la récolte de bois d’énergie provenant de la forêt a augmenté de 6% pour atteindre environ un million de m3. On peut s’attendre à ce que cet accroissement se poursuive ces prochaines années. La statistique sur l’énergie du bois englobe toute la consommation de bois d’énergie, donc aussi le bois provenant de l’industrie du bois. D’après cette statistique, la consommation de bois d’énergie a augmenté de 2,5% en 1998 par rapport à l’année précédente, atteignant ainsi 2,4 millions de m3. La répartition selon les différentes catégories d’installations présente l’évolution suivante: la consommation de bois pour le chauffage de bâtiments (chauffage central, chaudières à double foyer, etc.) est restée presque constante; la consommation des installations pour déchets récupérés a chuté de 5%, celle des chauffages pour pièces individuelles (cheminées, poêles en catelles) a augmenté de 2,6%, et les chaudières automatiques ont utilisé 7,5% de bois d’énergie en plus que l’année précédente.
 

6. Bilan du bois de la Suisse (production, commerce extérieur, consommation de bois)

En 1998, la consommation indigène de bois a augmenté de 10% par rapport à l’année précédente. Les exportations et les importations de bois ont augmenté de quelque 3%, se neutralisant ainsi dans le bilan du bois. La consommation accrue de bois est donc imputable aux seules exploitations supplémentaires dans les forêts suisses. On peut s’attendre à un nouvel accroissement de la consommation indigène ces prochaines années.


Tableau 4: Bilans du bois en Suisse, 1994-2000
(en 1'000 m3 d‘équivalents de bois ronds)

Estimations

 

1994

 

 

1995

 

 

1996

 

 

1997

 

 

1998

 

 

1999

 

 

2000

 

Récolte indigène

 

4'610

 

 

4'678

 

 

3'995

 

 

4'383

 

 

4'845

 

 

5'000

 

 

5'200

 

Exportations:

 

5'047

 

 

4'783

 

 

5'025

 

 

5'892

 

 

6'046

 

 

5'890

 

 

5'890

 

Bois ronds

 

1'070

 

 

1'031

 

 

998

 

 

1'160

 

 

1'130

 

 

1'150

 

 

1'150

 

Sous-produits de bois

 

134

 

 

171

 

 

182

 

 

232

 

 

301

 

 

240

 

 

240

 

Produits semi-finis

 

1'410

 

 

1'244

 

 

1'337

 

 

1'650

 

 

1'615

 

 

1'500

 

 

1'500

 

Papier et carton

 

2'433

 

 

2'337

 

 

2'508

 

 

2'850

 

 

3'000

 

 

3'000

 

 

3'000

 

Importations:

 

7'445

 

 

7'303

 

 

7'181

 

 

7'476

 

 

7'751

 

 

7'890

 

 

7'890

 

Bois ronds

 

396

 

 

281

 

 

273

 

 

265

 

 

311

 

 

250

 

 

250

 

Sous-produits de bois

 

662

 

 

608

 

 

603

 

 

544

 

 

543

 

 

550

 

 

550

 

Produits semi-finis

 

3'768

 

 

3'798

 

 

3'734

 

 

3'775

 

 

3'897

 

 

3'900

 

 

3'900

 

Papier et carton

 

2'619

 

 

2'616

 

 

2'571

 

 

2'892

 

 

3'000

 

 

3'190

 

 

3'190

 

Consommation apparente 

de bois en Suisse

 

7'008

 

 

7'198

 

 

6'151

 

 

5'967

 

 

6'550

 

 

7'000

 

 

7'200

 

Differénce en %

3

-15

-3

10

7

3

Source: OFEFP, Direction fédérale des forêts

7. Marchés des produits forestiers certifiés

Le bois provenant d’une gestion durable des forêts doit être reconnaissable par les consommateurs au moment de l’achat. L’interaction complexe des intérêts économiques, écologiques et sociaux en jeu, quand il est question de la forêt, a freiné l’élaboration d’une solution à l’échelon national. C’est ainsi que deux systèmes ont été développés parallèlement: une marque de qualité basée sur le Forest Stewardship Council (FSC), et un label Q (Swiss Quality) fondé sur les normes ISO. Les deux systèmes visent le même objectif, la gestion durable des forêts, mais par des voies différentes.

En avril 1999, les représentants de l’économie des forêts et du bois ainsi que les organisations d’aide au développement et de protection de l’environnement ont pris les mesures suivantes:

a) Les «Normes nationales pour la certification forestière en Suisse» ont été adoptées. Ces critères définissent les normes à appliquer à la certification des forêts suisses.

b) Dans des exploitations forestières sélectionnées, des certifications sont menées parallèlement selon les critères FSC et label Q. Ces essais devraient permettre de déterminer les possibilités de réunification, ou du moins de reconnaissance mutuelle des deux systèmes.
 

En Suisse, l’offre de bois certifié est encore modeste. On peut toutefois s’attendre à ce qu’elle augmente rapidement ces prochaines années.      

OFEFP, Direction fédérale des forêts

TG/Za, septembre 1999